Editorial

Attentes latentes

Les députés connus pour leur penchant au luxe et à la folie des… glandeurs ont été bien servis. Pour leur première session ordinaire de l’année, ils ont droit à un cadre huppé, sinon… extraordinaire. Qu’est le Centre de conférence internationale d’Ivato, CCI. Par l’exigüité du Palais de Tsimbazaza, ce transfert a été décidé pour respecter l’un des gestes barrières pour freiner la propagation du virus corona. La distanciation sociale d’un mètre au moins. Mais par l’absentéisme notoire des députés, à certains moments, la salle de réunion du CCI va apparaître trop grand pour contenir les rares assidus venus débattre les sujets de l’ordre du jour. Il se peut donc que ce changement du décor n’ait une quelconque influence positive dans le subconscient des pensionnaires de la Chambre basse du Parlement. Trop heureux d’aller voir ailleurs.

Alors que beaucoup de citoyens espèrent d’eux des répliques à la hauteur des propositions gouvernementales. Ne serait-ce que sur les détails du projet de loi de finance rectificative. Des groupements d’opérateurs économiques, à travers un communiqué de presse, ont rappelé aux autorités l’effet dévastateur du confinement même partiel sur les activités génératrices de richesses et d’emplois, nourricières de la croissance globale tant attendue. Pour eux, il est plus que vital de sauvegarder les salariés dans leurs postes, de soutenir sur le plan financier les entreprises et de les assister, d’une manière ou d’une autre, à l’évolution des marchés.

Leur appel d’urgence à l’État a été publié le jour de l’ouverture de l’actuelle session parlementaire. La démarche consiste ainsi à interpeller le gouvernement, et surtout le ministre de l’Économie et des finances, Richard Randriamandrato. et de pousser les députés à le bousculer pour qu’il avance un véritable plan concret de relance de l’économie. Au lieu des « pommades habituelles ». Pour ne citer que des allègements fiscaux. Comme l’a fait son homologue français Bruno Le Maire. Bien sûr, il ne pourra pas débloquer 7 milliards d’euros pour remettre à flot Air Madagascar. Ce que l’État français et des banques associées ont réuni pour extirper Air France de la mauvaise passe actuelle.

Ces opérateurs économiques, tétanisés par le Covid-19, souvent entendus sans être écoutés par le gouvernement dans leurs doléances, misent alors sur des députés éveillés pour ne plus gober tout ce qui le gouvernement leur propose. selon la formule des pro-HVM, « tout a été adopté sans le moindre amendement ». en priant, au passage, que le ministre Richard Randriamandrato soit assez lucide et clairvoyant pour apercevoir, à travers ses lunettes, la gravité de la situation.

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