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Editorial

Œuffrontés

Tant va la main à la chasse aux œufs qu’à la fin elle attrape corona. Des mesures pour du beurre. Au lendemain des différentes dispositions annoncées par le président de la République pour juguler la propagation de la Covid-19 dont entre autres l’interdiction de tout rassemblement public, des milliers de personnes se sont agglutinées à Toamasina et à Analakely pour passer le lundi de Pâques. Tout le monde se mêlait dans cette foule comme si de rien n’était, avec une désinvolture inouïe et une inconscience stupéfiante, sans masque et sans vergogne. Et dire que les nouveaux cas de Covid-19 montent en flèche et que Toamasina et Analamanga figurent en ligne de front de la pandémie. Aussi curieux que cela puisse, aucune intervention des forces de l’ordre n’a eu lieu pour disperser cette foule criminelle. Pour un comportement moins dangereux, des gens ont été mis en prison, aspergés de bombe lacrymogène. Là il s’agit d’un homicide de masse.

Pourtant, le chef de l’État a fait appel à la prise de responsabilité, la conscience de tout un chacun pour que les mesures prises soient efficaces. Mais voilà, on a affaire à une partie de la population pour qui la Covid-19 est juste une hallucination. Mais quelque part, on ne peut pas lui en vouloir étant donné qu’on avait organisé à Toamasina et ailleurs, la tournée de la chanteuse sud-africaine Nomcedo Zikode, interprète du tube interplanétaire Jérusalem de Kgaogelo Moagi alias Master KG. Aujourd’ hui, on se fait massacrer par le variant sud-africain. On ignore s’il y a une relation de cause à effet entre cette tournée et l’invasion du variant mais le fait est qu’on se trouve dans de beaux draps.

Difficile aujourd’hui de dire que ce qui était permis l’année dernière et interdit aujourd’hui alors Pâques a été toujours synonyme de grande vadrouille et de grosses réjouissances. Nul ne peut donc se prévaloir de sa propre turpitude dirait Ratsiraka.

À cette allure tous les efforts pour lutter contre les ravages de la Covid-19 risquent d’être vains. Quoiqu’on fasse, si une partie de la population reste imperméable aux mesures imposées, le virus trouvera toujours un terrain fertile pour se multiplier. C’est comme les lentes. Tant que tout n’a pas été anéanti par les lotions appropriées, des perles orneront toujours les mèches des jeunes éleveurs de pou.

Il faut plaindre le président de la République. Il n’y a rien à faire si la population elle-même se moque royalement de son discours. Seule solution passer à la manière forte et isoler les vecteurs ambulants du virus. Une quarantaine en prison leur apprendra à respecter leurs semblables mais surtout les personnels soignants qui font leur travail tels des kamikazes au péril de leur vie.

Certaines personnes semblent très loin de la galère vécue par ceux qui ont des malades à soigner, qui cherchent un lit dans un hôpital, de l’oxygène, un remède miracle pour se tirer d’affaire avec une angoisse indescriptible face à l’évolution ultra rapide de la maladie. Souvent au bout, c’est la mort. Hélas, le mieux c’est de tout faire pour éviter le virus. Certains ont compris tout le contraire. Quelle démence.

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  • Certes ces comportements de foules avides de recouvrer ne serait-ce qu’un semblant de normalité existentielle sont condamnables, mais sans omettre pour autant la responsabilité suprême qui leur a inculqué depuis l’origine des troubles qu’il existait un produit salvateur pour qu’elles ne s’inquiètent pas outre mesure, il aurait été pertinent de le rappeler.