Editorial

Identité remarquable

Inquiétant. Au-delà des polémiques électorales, la découverte de la Ceni sur l’existence de plus d’un million de cartes d’identité nationale dont les numéros ont de quoi inquiéter. Ce qui veut dire tout simplement qu’un individu peut exister en deux voire plusieurs exemplaires à cause d’un même numéro de sa carte d’identité nationale. Et au final, on ne peut plus distinguer l’original de la photocopie.

Comme c’est un fait constaté et récurrent depuis des années à chaque révision de la liste électorale, il est inutile d’affirmer catégoriquement que c’est impossible. Ce n’est, d’ailleurs, aucunement pas la faute à la Ceni dont le seul tort est d’avoir remué le couteau dans la plaie et d’avoir eu là maladresse de révéler une situation dont la méconnaissance n’aurait dérangé personne. Toute vérité n’est pas bonne à dire et il n’y a que la vérité qui blesse, surtout quand elle résiste à toute tentative d’étouffement.

Le cas est inévitable dans une numérotation à douze chiffres dont les six premiers sont immuables pour un district. Seuls les six derniers chiffres changent et n’offrent que 999.999 possibilités. Au-delà on revient à la case départ, faute de pouvoir passer à sept chiffres. Et ainsi de suite. On peut arriver à un nombre infini de cartes d’identité aux numéros identiques aussi longtemps qu’on ne change pas de système de numérotation.

D’autres explications peuvent soutenir cette anomalie. Le fait est, qu’à cause de cette situation, plusieurs personnes se sont vue décliner leur identité dans les établissements banquiers sans aucune chance de pouvoir justifier qu’elles s’appellent bien Dupont et non pas Dupond.

Pire, des personnes pourraient être accusées de crime commis par leur sosie dont elles ignorent l’existence.

Au lieu de palabrer et de réclamer de nouvelles élections, il faut vite remédier à cette situation pour juguler l’hémorragie dès que c’est encore possible.

Un homme déclaré officiellement mort pourrait se ressusciter à travers son pendant à la carte d’identité nationale.

La situation est d’autant plus aberrante que des millions d’enfants naissent sans copie d’Etat civil et n’auront donc jamais de carte d’identité nationale alors que certains numéros se répètent. Malheureusement ils n’auront jamais la chance de voter.

A quelque chose malheur est bon. La révélation de la Ceni a permis de réaliser que l’administration ne fonctionne pas comme il faut à ce niveau. Reste à savoir comment s’y prendre pour corriger cette bévue monumentale qui n’a aucun impact sur les résultats des scrutins mais qui constitue un énorme boulet pour le pays et les concernés par ce problème.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter