MANAZARY MIARINARIVO - La fin d’une orpheline fend le cœur


Derrière le tollé autour du décès d’une orpheline de père, employée de maison, mercredi, à Manazary-Miarinarivo, une histoire atterrante émeut douloureusement. Triste fin d’une orpheline de père, âgée de 15 ans. L’arrivée de son corps sans vie, mercredi, à Manazary-Miarinarivo, a fait du bruit. Elle a été rapatriée d’Antananarivo où elle travaillait. La confusion entre sa mère et ses « patrons » a provoqué l’indignation publique. L’une ignore que son enfant était décédée car le couple employeur ne le lui a pas avoué directement. Sous le coup de la stupéfaction lourde d’émotion, elle a perdu la raison. L’adolescente vivait à Beapombo. La disparition de son père l’avait déprimée. Étant en difficulté, sa mère a dû l’envoyer à des personnes de connaissance, un couple qui habite à Ambohibao-Antananarivo. Ce n’était vraiment pas pour la faire travailler comme aide-ménagère, mais pour sonbien de la fille. Elle a commencé le 16 décembre. Les premiers jours, elle s’y plaisait. Ses sentiments et problème cardiaque semblaient se dissiper. Mais après les fêtes du réveillon et du jour de l’An, son chagrin la submerge à nouveau. Elle a voulu rentrer chez elle coûte que coûte. Or, dans leurs conversations téléphoniques, sa mère l’en a empêchée car ses difficultés financières ne sont pas encore réglées. Ce qui aurait augmenté la douleur de l’adolescente qui n’a pas arrêté de pleurer et de haleter. Ses tuteurs se sont ingéniés à la consoler, mais en vain. Finalement, ils lui ont promis qu’ils la raccompagneront chez elle, le 4 janvier. Sans papier Alors que le couple s’apprêtait à la ramener chez sa mère, ce mercredi, un gros problème s’est produit. L’enfant s’est évanouie au saut du lit. Ils ont essayé de la ranimer avant de la conduire chez un médecin. Celui-ci a ordonné son hospitalisation. Elle a donc été admise au centre hospitalier universitaire d’Anosiala où elle a rendu son dernier souffle. Aucun certificat de décès en bonne et due forme n’a été délivré, mais un petit carnet dans lequel on peut lire : arrêt cardio-respiratoire. Traumatisés, les accompagnateurs n’ont plus pensé à appeler la mère de la défunte. Après l’avoir mise en bière, ils ont trouvé un taxi-brousse pour Manazary. Ils ont prié le chauffeur et les passagers de les accepter de venir avec eux. « Ils ont transporté le corps sans vie sans papier règlementaire. Il s’agit de gens simples qui ignorent les pièces à préparer pour pouvoir acheminer une dépouille. Ni la police ni la gendarmerie ne les a contrôlés sur la route. Ils sont bien arrivés à destination », raconte un gendarme joint au téléphone. Ne se doutant de rien, la pauvre mère est resté sans voix devant le cercueil. Un attroupement s’est formé pour demander des explications. Le médecin du centre hospitalier de base (CSB II) de Manazary et les gendarmes devaient constater le corps publiquement. Leur examen atteste qu’il s’agit d’une mort naturelle. Le fokonolona s’est alors calmé. Le couple et le chauffeur ont été retenus pour les besoins de l’enquête. Le parquet est le seul compétent pour trancher sur leur sort. Une reconstitution sera effectuée au CHU d’Anosiala.  
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