Accueil » A la une » Trafic d’or – Les cinq passagers suspects identifiés
A la une Actualités

Trafic d’or – Les cinq passagers suspects identifiés

Cinq personnes sont happées par l’affaire de l’or saisi en Afrique du Sud. Outre les trois présumés trafiquants arrêtés à Johannesburg, deux autres sont restés à Madagascar.

Rebondissement. L’enquête sur « l’exportation illicite », de 73,5 kilogrammes d’or bat son plein à Madagascar. En tout, cinq personnes sont happées par l’affaire révélée par un communiqué des services de police sud-africaine, mardi.

Les trafiquants présumés ont été identifiés sur la base de la liste des passagers de l’avion privé de la compagnie STA qu’ils ont loué. L’aéronef a quitté Madagascar, le 31 décembre, avec à son bord les trois individus appréhendés à Johannesburg et en attente du jugement. Il s’agirait de « Zava Herimanana Anjaranantenaina, Francis Deliot Regasy et Mahamodo ». Les deux autres se seraient désistés avant le départ.

L’un des deux autres présumés « contrebandiers », à savoir « Yau Cyrill Iasimanana », a été arrêté, hier, et gardé à vue par la douane. L’autre qui se nommerait « Lala Iandry Nirina Rasamoelina », serait toujours recherché. Face à la presse, hier, au camp Ratsimandrava, le général Richard Ravalomanana, secrétaire d’État à la gendarmerie nationale, a soulevé l’hypothèse que « les deux passagers se sont désistés pour que l’aéronef ne soit pas en surcharge ».

La valise dans laquelle auraient été transportés les 73,5 kilos d’or.

Un départ préparé

L’or saisi en Afrique du Sud, pèse 73,5 kilos. Ce désistement de passagers motive une thèse de l’enquête selon laquelle la compagnie STA, ou les pilotes, pouvaient avoir une idée de la nature de la cargaison que transportait leur client, ou du moins, son volume. L’existence d’un réseau ayant facilité la tâche des trafiquants est, aussi, envisagée.

Des photos de ce départ circulent sur les réseaux sociaux montrant les trois passagers et « le bagage à main », qui aurait contenu les 73,5 kilos d’or. Un départ bien préparé, de prime abord. L’aéronef a décollé d’Ivato, le 31 décembre, à 17 heures, et a débarqué à Toliara à 18 heures 20. Jusque-là, il aurait été question de vol intérieur. Ce qui expliquerait l’absence des autorités de « contrôle conjoint », à l’aéroport d’Ivato.

« L’ACM, le plus souvent, tient rarement informées les autorités aéroportuaires sur les vols intérieur à caractère privé », explique une source avisée. Un communiqué de la douane publié, hier, parle pourtant, de « transit sur Toliara (…) pour un approvisionnement en carburant ». Des sources affirment, cependant, que « la déclaration générale », autorisant le vol pour l’Afrique du Sud n’a été communiquée par l’Aviation Civile de Madagascar (ACM), qu’une fois l’avion à Toliara.

Ce point intrigue les enquêteurs car, en cette période de pandémie, « les seuls aéroports autorisés pour le départ et l’arrivée des vols internationaux sont ceux d’Ivato et de NosyBe ». Des suspicions pèsent sur une éventuelle « complicité », au sein de l’ACM. Contacté, son directeur général n’a pas pu être joint. Des indiscrétions au sein de l’entité expliquent que seul la « clearance », soit l’autorisation est du ressort de l’ACM et non pas, la fouille des bagages. Une tâche qui incomberait à la douane.

L’aéronef, en tout cas, a quitté l’aéroport de Toliara à 19 heures 20, pour joindre Johannesburg. « Le contrôle conjoint a été fait à Toliara », confirme une source. Il s’agit d’une procédure obligatoire avant tout vol international. Elle voit « impérativement », la présence de la douane pour vérifier s’il y a transport de produit prohibé, la police des frontières (PAF), pour le contrôle des documents de voyage et de l’identité des passagers, l’ACM, l’agence chargée de la sûreté et les agents de santé.

Une des photos sur les réseaux sociaux montre la silhouette d’une personne avec une chasuble de la douane sur le tarmac. L’enquête sur l’or saisi en Afrique du Sud ratisserait large. Aussi, en réponse à la missive de la police sud-africaine, le ministère des Mines et des ressources stratégiques, affirme-t-il dans une missive n’avoir délivré aucune autorisation d’exportation. Ce département renchérit que l’exportation d’or est suspendu depuis le mois d’octobre 2020. Une manière de se protéger d’éventuelles éclaboussures.

3 commentaires

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

  • 48 h sont passées et aucun responsable inquiété ? ! Oh mon Dieu que ça ressemble à une république bananière . La logique dans les grandes démocraties c’est que le directeur de l’ACM et des douanes soient limogées en premier . Et que le ministre des mines devrait démissionner .73,5 kg d’or ce n’est pas de la poire surtout la banque centrale mise dorénavant sur notre réserve en or . Tout au moins cette manne providentielle une fois ramenée au pays aiderait à l’ariary de retrouver un peu de santé .Ce scandale du siècle collera à jamais à une gabegie sulfureuse du régime actuel .

  • Bonjour,
    C’est la nième trafic d’or. L’avant dernière si je ne m’abuse fait état de 25 kgs d’or. Mais à l’Ile Maurice. En aucune manière ou plutôt 1/3 de trafic a été décélé à Mada. C’est un triste état, une bien triste vérité. Pour ne pas dire une HONTE.
    1° Sur la forme, et réglementairement parlant, la responsabilité incombe (je ne mets même pas au conditionnel) aux agents responsables de inspection/filtrage au niveau de l’aéroport donc les agents de sûreté aéroportuaire (donc pour Madagascar, ce sont la CSPI, les Douanes, la PAF et la ZN. Qu’il y ait complicité ou non, ce sont à mon humble avis les responsables directs.
    2° M.le Sécrétaire d’Etat à la ZN a bien raison de dire et j’abonde dans ce sens, que il y a un GROS BONNET derrière cette affaire.
    3° Il est toutefois laissé à l’appréciation du Commandant de Bord, seul maître à bord (même si il y a le Président à bord) de effectuer une fouille, pour raison de sûreté. S’il juge que la fouille est inutile, c’est son plein droit.
    4° l’ACM! Il est dans son droit de délivrer un clearance de sortie à tout postulant si elle juge que la demande est conforme (avion en état de navigabilité – doc de bord conformes).
    5° Ce qui me choque, c’est que toute affaire est toujours confiée au BIANCO et PAC, dont les connaissances sont toujours limitées dans certains domaines dont aviation civile. A notre humble avis, le BIANCO et PAC devraient faire appel à des spécialistes pour pouvoir mieux mener à bon terme pareille affaire.
    Que de problèmes ces derniers mois au niveau de l’industrie aéronautique. Incompétence? Fuite de responsabilité? Trop d’intéressement?
    Je profite de l’occasion pour tirer sur la sonnette d’alarme relative à la nomination au sein de l’industrie aéronautique. Que d’intérims, partout où on va! Et au vu de tout ceci, on s’étonne que ça rame? On patauge dans le semoule! On pédale dans le vide. Please, THE RIGHT MAN AT THE RIGHT PLACE.

    • Ce sont les institutions fortes qui font l’état de droit . Il y a le parquet national financier en France et on n’est pas choqué d’avoir le Bianco et le PAC à Madagascar dans la lutte contre l’impunité et la corruption . Ce sont des magistrats professionnels et vos propos sont immondes. Certainement vous voulez à tout prix protéger l’ACM pour ses manquements et complicités et d’ailleurs ce DG est-il vraiment « the right man… »?! déjà éclaboussé par des casseroles antérieures !

Voir aussi