Notes du passé

Le bilan positif de Radama-père

Les tombeaux des rois d'Antsahadinta, devenu menabe à partir d'Andrianampoinimerina.

Le règne de Radama Ier se démarque surtout par l’organisation professionnelle des forces armées, l’installation des Andriambaventy- les grands chefs militaires qui ont aidé son père à réunir l’Imerina- proches de lui et des Maroseranana dans les régions qu’il soumet tour à tour. Étant donné que l’étendue du royaume dépasse largement les propriétés royales (menabe) et les fiefs de l’Imerina (menakely)- ce qui nécessite la restructuration des territoires, Radama édicte de nouvelles lois.

Les Maroseranana représentent, en effet, le souverain là où ils résident et décident notamment de ce qui est bien pour les populations sous leur tutelle. Ils agrandissent le royaume en menant des expéditions punitives ou de conquête, gouvernent, jugent et punissent, sauf en ce qui concerne la peine de mort, prérogative du seul souverain. C’est à eux que reviennent les vodihena (culottes entières ou la partie gauche) que tout sujet doit au monarque lorsqu’il abat un bœuf. De même, les vodihena des terres royales lointaines dans la périphérie de l’Imerina sont remis aux « gardiens des palais royaux » les plus proches, c’est-à-dire aux nobles de menabe, tels par exemple à Ambohi­drabiby, Kaloy, Antsahadinta…

À la même époque d’extension du royaume, les rois et chefs claniques sakalava, betsileo, betsimisaraka…, nouvellement soumis, montent à Antananarivo pour être testés par l’épreuve du tanguin- à Ambodinandohalo pour ceux qui viennent du Sud et à Ambohitritehivonizongo pour les autres- puis prêter serment d’allégeance et sacrifier des bœufs à Andranomalahelo. Ils campent ensuite à Manja jusqu’à leur retour chez eux, ne pouvant pénétrer dans Ambohimanga car, d’après la loi mise en vigueur par Andrianampoinimerina, aucun vahiny (étranger) ne peut monter dans ce berceau de la dynastie merina.

Quant à leurs peuples, c’est devant les gouverneurs qu’ils se soumettent au souverain avant de leur remettre toutes leurs armes, blanches ou à feu. Dans ce cas, ils peuvent rentrer en paix chez eux sans craindre pour leurs familles, ni pour eux, ni pour leurs biens.

Mais ce sont les lois sur l’armée qui sont les plus nombreuses: la mort par le feu de tout militaire qui tourne le dos à l’ennemi, l’emprisonnement des déserteurs, la nouvelle coiffure (les longs cheveux se réduisent à une simple mèche), l’organisation des exercices militaires par territoire. Ils se déroulent à Sahafa pour l’Avaradrano, à Ampana­rivoana puis Andranofotsy pour le Vakinisisaony, à Imerina­fovoany pour les Antehiroka et à Manjaka pour le reste du Maro­vatanana, à Benasandratra pour l’Ambodirano, à Ambaton­giodàna pour le Vonizongo, à Iarivo pour le Vakinankaratra. Il y a également le paiement par les anciens combattants de l’équivalent du dixième (cinquième selon certains) de leurs biens aux armées royales en guise de contribution.

C’est sous Radama enfin que sont publiés les premiers textes sur la suppression de la traite d’esclaves malgaches vers l’extérieur, en particulier des peuplades vaincues, l’interdiction de tuer des vaches pour être vendues sur le marché et des corbeaux qui peuplent la forêt d’Ambohimanga.

La suppression de la traite d’esclaves est l’objet de plusieurs textes. À commencer par celui signé le 23 octobre 1817 entre Radama et le gouverneur de Maurice, Robert Farquhar, texte renforcé par celui du 11 octobre 1820. Les deux traités visent l’expatriation d’esclaves malgaches. Il faudra attendre 1869 pour voir l’interdiction d’importer des esclaves, en particulier des Makoa ou Masombika, à partir d’un traité contresigné par la reine Rasoherina et le représentant de l’Angleterre. Mais il est peu respecté et la reine doit publier la loi du 2 octobre 1874, renforcée trois ans plus tard par la libération de tous les Makoa depuis dix ans dans le pays.

Une autre loi positive est édictée par Radama, celle concernant la préservation de la vie des malades atteints de la variole. Désormais, il est interdit de les enterrer vivants et la vaccination est instituée.

La plupart de ces lois, dit-on, sont prises par le souverain sur l’influence bénéfique de son conseiller et ami intime, l’Anglais James Hastie.

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