Faits divers

Anosizato Ouest – Soixante-dix employés s’asphyxient

Les secours devant le portail de Gama Textile.

Trois salariés parmi les soixante-dix victimes de suffocation, chez Gama Textile sont enceintes. Une analyse des produits de désinsectisation est en cours.

Inattendu. Soixante-dix personnes, composées de couturiers et de repasseurs, se sont soudainement étouffées dans leur lieu de travail, chez l’usine Gama Textile, à Anosizato Ouest, samedi matin. Bon nombre d’entre elles sont plongées dans le coma. Elles ont toutes été évacuées et amenées, dans une urgence absolue, à l’hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA). Trois sont enceintes, selon la directrice de cet établissement, professeur Olivat Rakoto Alson Aimée.
« Ces soixante-dix patients ont déjà pu regagner leur foyer après avoir été réhydratés et placés sous oxygène. Un repos médical de trois jours leur a été délivré. Seul un a dû revenir ce jour (ndlr : hier) pour un contrôle », ajoute-elle.

Mystère
De son côté, la gendarmerie de la brigade de Fenoarivo poursuit ses enquêtes, notamment sur la véritable origine du drame. « Il n’y avait aucune explosion dans cette usine. L’audition des victimes et le résultat d’une analyse des produits de désinsectisation utilisés sont attendus », d’après la gendarmerie.

Ce samedi matin là, il était 9h20 quand les pompiers ont été alertés. Dans un premier temps, une fuite de gaz aurait causé une déflagration dans ce textile. Tout de même, le mystère s’épaissit du fait que les responsables de cette industrie et ceux de la société prestataire ayant effectué la désinsectisation ont chacun leur version des faits.
« Nous effectuons chaque mois cette opération d’assainissement pour éliminer les mouches et moustiques. Depuis, il n’y a jamais eu aucun problème, mais cette fois, nous étions dans notre bureau quand le personnel s’est dispersé. C’est sûr que ce sont les insecticides utilisés qui l’ont asphyxié. La vaporisation a commencé à l’entrée », relate Tanjona, assistant merchandiser de Gama Textile.
« Nous contestons le fait que tout cela vient de nous. Notre traitement est déjà terminé quand le problème s’est passé. D’ailleurs, nous n’avons pulvérisé que l’extérieur seulement. Nous avons vu des travailleurs inconscients au même moment où nous allions récupérer notre matériel avant de repartir. Nous les avons entendus en train d’appeler les pompiers puisqu’il y aurait une explosion de gaz à l’intérieur. Je répète encore, nos produits ne sont pas nocifs. Ils sont de contact, mais non d’odeur », explique Nancy Rakotoma­nana, de Stop Insectes Madagascar.

Des ambulances des pompiers et des cliniques privées ont transporté les victimes à l’HJRA.