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Loi de finances – Le Sénat, la dernière carte du SIM

Incohérence.
« Prenons la décision de ne pas s’engager dans ces mesures assassines pour l’industrie et travaillons ensemble pendant un an pour faire avancer les choses. Si nos analyses et nos prévisions s’avèrent fausses, revenons à cette loi », a lancé le président du Syndicat des industries de Madagascar Hassim Amiraly à l’endroit des sénateurs. «

En tant que citoyens, nous vous demandons le bénéfice du doute. Si vous n’êtes pas convaincus, donnez-nous un an pour vous prouvez que nous avons raison ». Les prises de parole étaient passionnées, hier, au Palais de verre à Anosy, de la part des représentants du SIM qui ont fait le déplacement pour défendre leurs intérêts dans le cadre des débats autour du projet de loi de finances initiale 2020, surtout après la gifle reçue à l’Assem­blée nationale. Non seulement les députés ont adopté un texte qui comporte des mesures que les industriels considèrent leur être défavorables mais ils ont amendé pratiquement la seule ligne qui leur aura été positive avec le retour du droit de douanes à 10% pour les bondillons.

Engagement
Pour le SIM, le projet de loi de finances initiale et certaines décisions prises cette année avec notamment la
non application des mesures correctives commerciales ne cadrent pas avec le discours du régime de vouloir faire
de l’industrialisation du pays une priorité. Outre le cas des bondillons, l’imposition à la TVA du maïs a également été beaucoup décriée par les industriels. Le président du Sénat Rivo Rakotovao s’est d’ailleurs dit étonné par cette mesure. « Nous allons demander au gouvernement quelle politique durable ils veulent mettre en place dans le pays, sachant que les indicateurs de la sécurité alimentaire à Madagascar sont déjà très bas », a-t-il lancé. Les sénateurs doivent justement rencontrer des membres du ministère de l’Économie et des finances ce jour en travaux de commission.

Les sénateurs ont de leur côté demandé aux industriels des garanties par rapport à leur capacité de fournir des marchandises à un prix correct sur le marché. Hassim Amiraly de rétorquer que les industriels doivent toujours prendre en compte les consommateurs car ce sont eux qui leur permettent de réaliser des ventes.

Un des représentants du SIM a indiqué que les industriels s’engagent à produire plus au même prix si on leur donne un environnement favorable pour évoluer. « Nous sommes sûrs de ce que nous avançons, c’est pour cela que nous sommes ici. Le pays ne pourra pas se développer si son industrie ne sort pas la tête de l’eau », a résumé le président du SIM à la sortie du palais.