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INDUSTRIALISATION – La Grande île joue sa partition régionale

Atelier sur la conception d’une politique industrielle à Antananarivo, le 17 octobre, avec les experts de la SADC et de Global Policy Incubator.

Selon les responsables, Madagascar applique sa politique nationale d’industrialisation tout en tenant compte de la dimension régionale de la question.

De nombreux éclairages ont été donnés par les décideurs publics quant aux ambitions de Madagascar en matière d’industrialisation. Cela a encore été le cas lors du Forum National sur les Investisse­ments pour l’Émergence de Madagascar, qui s’est tenu la semaine dernière au CCI Ivato. Il s’agit notamment, selon le ministère de l’Indus­trialisation, du Commerce et de la Consommation (MICC), de créer un tissu productif à même de fabriquer locale­ment les produits de consommation courante dont les populations ont besoin.

Différentes initiatives ont ainsi été lancées pour atteindre cet objectif, à travers notamment la mise en orbite du programme One District One Factory (ODOF) et du projet Taninketsa Indostrialy (Zones Pépinières Industri­elles). Mais pour réussir ce challenge, les autorités affirment donner aussi un intérêt majeur aux travaux de sensibilisation et le développement des collaborations au niveau régional. C’est ainsi que Madagascar prendra part au Sommet de l’Union africaine sur l’industriali­sa­­tion et la diversification écono­mique, ainsi qu’à la Semaine africaine de l’indus­trialisation, du 20 au 25 no­vembre 2022 à Niamey, au Niger.

Selon les informations rapportées suite à l’accord donné par le Conseil du Gouvernement pour la parti­cipation de la Grande île à ces rendez-vous, le Sommet de l’Union africaine sur l’indus­trialisation et la diversification économique sera orga­nisé sous le thème : « Industria­liser l’Afrique : Renouveler les engagements en faveur d’une industrialisation et d’une diversification économique inclusives et durables ». La rencontre se tiendra dans le cadre des activités annuelles commémoratives de la Semaine de l’industrialisation de l’Afrique.

À savoir, en effet, que compte tenu de l’importance de l’industrialisation et de la transformation économi­que en Afrique, le 20 novembre de chaque année est célébrée la Journée de l’indus­triali­sation de l’Afrique, qui a été adoptée par la Conférence des chefs d’État et de gouver­nement de l’Organisation de l’Unité africaine, en juillet 1989, à Addis-Abeba (Éthiopie). Celle-ci donne l’occasion aux principales parties prenantes, dont Madagascar, de réfléchir sur l’industrialisation du continent, tout en examinant la manière dont on pourrait changer le « statu quo actuel ».

Implication dans la sous-région

Du côté des partenaires techniques et financiers, l’on soutient que la contribution de Madagascar aux travaux régionaux en matière de politique d’industrialisation et de diversification économique est nécessaire. Pour le Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud) et l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (Onudi), l’adoption par Madagascar d’une politique industrielle ambitieuse axée sur la concentration spatiale, les complémentarités avec l’industrie locale et la valori­sation durables des ressources naturelles est une des conditions essentielles pour une croissance inclusive et durable à Madagascar. En outre, la perspective d’adopter une loi de programmation industrielle est aussi vue d’un bon œil.

Notons que Madagascar est aussi actif à l’échelle sous-régionale en matière d’industrialisation. Le MICC a rappelé que le pays a participé aux diverses réunions de la Communauté des États de l’Afrique Australe (SADC) sur la stratégie d’industrialisation au moyen de l’agro-transformation, la valorisation des minéraux et du dévelop­pement des chaînes de valeur régionales en vue d’atteindre la croissance économique inclusive.

En août dernier à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, les États membres de la SADC se sont convenus sur la né­cessité d’accélérer la mise en œuvre des projets pertinents et connexes en vue d’atteindre les objectifs fixés, en mettant à contribution les nouvelles technologies de l’information et de la communication considérées comme instruments et catalyseurs de l’industrialisation.

Plus récemment, du 17 au 21 octobre dernier au Louvre Hôtel d’Antanine­re­nina, un atelier de travail s’est tenu avec l’équipe du MICC et des experts de la SADC et d’EQuIP (Global Policy Incubator). La rencontre a permis de mieux édifier les parties prenantes en matière de conception et de matérialisation d’une politique industrielle et de mobiliser les acteurs du secteur privé. Ce dernier qui explique souvent qu’il fait face à nombre de contraintes (sécurité, énergie, qualification des travailleurs, accès au financement, abondance des produits importés etc.), ce qui l’empêche de monter en compétitivité. Mais les différents intervenants ont soutenu que malgré les diffi­cultés énumérées, l’heure est à l’instauration d’un écosystème favorable à l’expansion des activités industrielles et qui accorde une place de choix au dialogue avec les entreprises.

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