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Editorial

Entrepeurparia

On écrit toujours entrepreunariat au lieu d’entrepreneuriat. Aujourd’hui c’est devenu carrément entrepeurparia. Eh oui, l’entrepreneuriat est en train de mourir à petit feu. Presque tous les secteurs d’activité tournent au ralenti sinon complètement à l’arrêt. Bien évidemment l’épidémie de Covid-19 constitue le principal facteur de ce marasme. Mais il y a également le contentieux entre l’administration et les entrepreneurs ces derniers temps pour la simple raison qu’on confond tout et qu’on ne sait plus qui fait quoi.

Les petits opérateurs miniers ont tenu une conférence de presse hier pour faire part de leur détresse. Leur activité qui est d’exporter légalement des pierres précieuses est bloquée depuis quelque temps. L’exportation semble suspendue de fait à cause des tentatives de trafic d’or et de pierres précieuses récemment découvertes. Tout le monde est mis dans le même sac. Les exportateurs qui vivent depuis des années de cette activité et qui font vivre des centaines de milliers de centaines de gens, qui alimentent les caisses de l’État à travers les impôts et taxes, sont assimilés à de vulgaires trafiquants.

Ces derniers temps, les gendarmes ont appréhendé des camions transportant des pierres industrielles soi-disant qu’il s’agit du trafic. On fait beaucoup d’amalgame et d’excès de zèle dans cette entreprise d’assainissement. On tire dans le tas dans l’objectif d’au moins tuer une souris à défaut d’épingler un éléphant.

On avance également que les exportateurs ne rapatrient pas de devises voilà pourquoi ils ne peuvent plus continuer leur activité. En principe, les exportateurs légaux d’or ou de pierres précieuses sont autorisés par la Finex qui prépare les procédures et les formulaires à remplir. Elle contrôle également les échéances de rapatriement de devises. Aussi curieux que cela puisse paraître, c’est elle qui en veut aux exportateurs dont certains ont été jetés en prison en même temps que quelques fonctionnaires, à tort ou à raison.

Tout le monde a ainsi peur. Les exportateurs risquent de se faire attraper d’un moment à l’autre alors que les fonctionnaires ne veulent plus signer d’autorisation d’exportation de peur de se faire arrêter pour corruption ou autre.

Il n’y a pas que les exportateurs miniers qui se trouvent dans cette impasse. Des exportateurs de vanille souffrent également de la même situation de même que les exportateurs de produits halieutiques.

C’est toute la machine qui est donc bloquée et on se demande comment l’État alimente sa caisse en se privant volontairement de toutes ces ressources. C’est d’autant plus inquiétant que l’État ne fait plus confiance à ses propres agents. C’est bien de vouloir mettre de l’ordre mais de là à voir le diable partout, c’est loin d’être favorable au climat des affaires. On a beau faire appel aux investisseurs étrangers, c’est peine perdue si on maltraite les investisseurs nationaux. Charité bien ordonnée.

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