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Santé publique – Hausse inquiétante des cas de paludisme

Le paludisme est en recrudescence dans quelques districts. La haute saison de transmission de la maladie ne fait que commencer et s’étend jusqu’en mai.

Anormal. Plusieurs victimes du paludisme ont été notifiées dans plusieurs districts, ces derniers mois. À Amparafaravola, Betroka, Ivohibe, et Vondrozo, le nombre de cas est au-dessus du seuil épidémiologique, d’après le tableau récapitulatif de la situation épidémiologique du paludisme, en fin octobre. À Maevatanàna, la situation serait maîtrisée. À Ambotaky de la commune de Ranotsara Iakora, un district où la situation serait « maîtrisée », par exemple, 56 % des personnes dépistées entre le 5 et le 25 octobre, étaient positives et traitées. À Tsiroano­mandidy, Sakaraha, Ampanihy, Ihosy, et Ambatofinandrahana, le nombre de paludéens aurait également augmenté, selon une source auprès du ministère de la Santé publique.

Cette recrudescence des cas dans les formations sanitaires est « anormale». La haute saison de transmission du paludisme ne commence qu’en ce mois de novembre, alors que le nombre de cas a déjà atteint le seuil épidémiologique, en août ou en octobre, dans certaines localités.

Surveillance renforcée

Le changement climatique expliquerait, cette hausse inquiétante des cas. « Il fait chaud et la pluie est déjà au rendez-vous. Ces phénomènes sont favorables à la multiplication des moustiques », explique le Dr Mauricette Rabemananjara, coordinatrice du Programme de lutte contre le Paludisme auprès du ministère de la Santé publique.

Cette responsable affirme qu’il n’y a pas de décès déclaré dans ces zones. La plupart seraient des cas de paludismes simples. À Maevatanàna, pourtant, l’existence de paludisme grave a été confirmée par une source. Certaines zones sont très enclavées, ce qui rendrait difficile l’approvisionnement en intrant et la prise en charge des malades, selon une source.

La surveillance est renforcée dans les districts concernés. En parallèle, une campagne d’aspersion intra-domiciliaire (CAID) est lancée dans les cinq districts à forte transmission, notamment, Ihosy, Sakaraha, Ampanihy, Toliara II et Betioky. « La CAID est une stratégie efficace de lutte contre le paludisme. Alliée à d’autres interventions, notamment l’utilisation de moustiquaires à imprégnation durable, le traitement préventif intermittent chez les femmes enceintes et une prise en charge rapide des cas, elle permettra d’accélérer la marche vers l’élimination du paludisme », a déclaré John Dunlop, directeur général de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), hier, lors du lancement de la campagne à Ihosy. L’USAID appuie l’État dans cette campagne, pour protéger plus d’un million de gens contre le paludisme.