Editorial

Ar..triste

Novembre. Avant-dernier mois de l’année. Il débute par Toussaint puis s’enchaîne par la fête des morts. Quelle idée de trouver une fête pour les morts. C’est le mois le plus lugubre et funeste de l’année n’en déplaise à Ratsiraka toujours bon pied mais peut être pas bon œil à 83 ans qu’il a fêtés hier. Les faits le prouvent. Le Groupe Mahaleo perd Dadah le magicien des mots, le génie des mélodies le lendemain de la fête des morts. Un coup de poignard pour le groupe dont il reste trois membres. Après la disparition de Fafah, la voix inimitable du groupe mythique, c’est le coup d’estoc qui va peut-être clore la carrière de Mahaleo comme l’a annoncé Bekoto sous le coup de la tristesse et l’émotion. Eh oui, on ne voit pas comment l’aventure se terminerait pour le groupe qui surfe sur les générations sans ces fatals coups du sort. Mahaleo aura résisté à l’usure du temps et au schisme caractéristique des stars du show-business ici comme ailleurs. Rester unis pendant presque un demi-siècle il fallait être « Tia tena tia » comme le soulignait Dadah dans une de ces ballades écrites sur une autre planète. Eh oui, Dadah était à la chanson ce que Rado était à la poésie. Surprenant, sublime, sensationnel. Hélas, cela devait arriver un jour et Dadah a choisi de prendre à contre-pied tout le monde comme dans ses textes où les tournures ne sont jamais banales et ne vont pas dans le sens où on s’y attend.

La série noire de novembre a encore tué trois personnes à Ambositra dans la même journée. Les victimes n’ont pas choisi de partir de leur propre gré mais ont eu le malheur de se trouver sur la trajectoire d’un véhicule mal maîtrisé par son conducteur.

Novembre est vraiment un mois de tous les dangers. On a hâte qu’il se termine pour passer à des choses plus gaies. Mais il reste encore 25 bons jours qui vont ressembler à une éternité autant pour la population confrontée chaque jour à mille et un problèmes que pour le pouvoir pressé de voir les projets annoncés se concrétiser. On aura passé un an sans que la situation avant la présidentielle de 2018 change réellement. Le délestage, la coupure d’eau, l’insécurité, l’inflation, les épidémies… font toujours partie du décor. La canicule s’en mêle pour compliquer l’existence.

Le Président essaie d’imprimer le tempo du rythme qu’il faut prendre mais il semble esseulé et beaucoup n’arrivent pas à suivre la cadence au point qu’il a dû se débarrasser de ceux qui n’ont pas accompli leur mission. Et le coup de lifting ne fait que commencer à en juger sa détermination et son intransigeance. Un avertissement sans frais a été lancé lors de la mise à l’écart du ministre de l’Energie, de l’eau et des hydrocarbures qui est pourtant un pion important dans le dispositif de l’IEM et une des éminences grises du gouvernement.

Autrement dit novembre risque également d’être la purgatoire pour beaucoup de responsables qui n’auront pas assumé correctement la tâche qu’on leur a assignée. Il semble qu’ils sont déjà identifiés. Tout est donc question de temps. Il y va de l’avenir, de la cohésion et de la crédibilité du gouvernement. Le compte à rebours commence.

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