Accueil » Editorial » Bernard l’ermythe
Editorial

Bernard l’ermythe

Le boss, le panache. Avec Bernard Tapie disparaît l’une des personnalités françaises les plus remarquables. A sa mort les qualificatifs sont insuffisants pour décrire sa personnalité, son œuvre, sa réussite et ses échecs. Bernard Tapie a été l’un des success story les plus fascinants de ce millénaire. Il a brisé l’ordre établi, bouleversé la hiérarchie, perturbé les normes de la réussite, détourné le chemin du succès. Tapie c’est la réussite sans passer par les grandes écoles, l’entrepreneuriat sans respecter les règles séculaires, la marche vers les sommets sans faire partie de la nomenklatura sociale. Un self made man revu et corrigé.

Son ascension fulgurante n’a pas plu à tout le monde. Il faut dire que Tapie n’a pas toujours fait les choses comme il fallait dans tout ce qu’il entreprenait. Pour lui tous les coups étaient permis. Ses ennuis judiciaires commençaient lorsqu’il a touché à la politique. Nommé ministre il a dû démissionner deux mois après.

Tapie était le contre exemple de la réussite sans être bardé de diplômes. Il semble avoir fait école chez nous. Il était d’ailleurs venu à Tana en janvier 2011. Il avait rencontré le président de la République Andry Rajoelina, qu’il trouvait « avoir beaucoup de maturité et de clairvoyance ». Tapie avait prédit que si Rajoelina gagnait les élections, on entendrait parler de Madagascar dans quelques années. Il voulait ouvrir une école de formation pour les métiers du commerce mais le projet n’a pas abouti. Les autorités malgaches voulaient lui refiler l’avion présidentiel Air Force One de Ravalomanana mais comme il était venu avec son propre jet privé, il déclina poliment l’offre.

En tout cas, on avait suivi le chemin tracé par Tapie depuis 2002 en portant au pouvoir deux présidents qui ne sont pas réputés pour avoir fréquenté les grandes écoles mais qui se sont faits remarquer par leur réussite entrepreneuriale. Après avoir essayé un instituteur, trois officiers, un médecin professeur, un expert comptable sans résultats probants, il était temps de changer. Les deux présidents ont complètement changé le management de l’État avec comme seule préoccupation le résultat. C’est une véritable cassure avec la bureaucratie traditionnelle, les procédures à la française, la lourdeur administrative. L’objectif désormais est de rattraper 60 ans de retard de développement. Bien évidemment ce n’est pas avec l’ancienne méthode que l’on va y arriver. Néanmoins il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, caprice et priorité. Tapie s’est brûlé les doigts quand il truquait les matches pour être champion avant l’heure. Bien que la devise de l’OM et de l’homme soit Droit au but.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter