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Reboisement – Rajoelina lance un challenge écologique

Planter soixante millions d’arbres en une journée. Un défi que le président de la République lance pour marquer la célébration du soixantième anniversaire du retour à l’indépendance.

Un record. C’est le challenge que Andry Rajoelina, Président de la République veut atteindre en matière de reboisement. Au moins au niveau de l’océan Indien, le locataire d’Iavoloha pose le défi de planter soixante millions d’arbres en une journée.

Le chef de l’État veut impliquer chaque citoyen, toutes les forces vives de la nation dans ce défi écologique. Au même titre que la réhabilitation du palais de Manja­kamiadana, ce reboisement XXL, sera pour marquer le soixantième anni­versaire du retour à l’indépendance. Le président Rajoelina n’a, toutefois, pas encore indiqué quand se tiendra ce sprint de reboisement massif.

« Durant une journée, chaque individu, chaque entité, chaque association, chaque fonctionnaire, nous allons tous planter des arbres. Ce sera un événement national dont le but est de faire en sorte que le pays soit, à nouveau, envahi de forêts. Faisons-le, ensemble, participons-y, nous tous, car ce pays nous appartient, à nous tous et non pas juste au Président de la République, ou aux ministres », a déclaré Andry Rajoelina, durant la visite d’une pépinière d’arbres à Belobaka, Mahajanga, hier.

Un des premiers défis qui se posent à l’État dans l’organisation de cette journée de reboisement sera de trouver le nombre suffisant de plants à planter. Le type de pépinière que le chef de l’État et sa suite ont visité à Belobaka pourrait apporter une solution à la problématique. Selon les explications de Alexandre Georget, ministre de l’Environnement, il peut produire jusqu’a dix millions de jeunes plants par an, et tout autant de boulettes à graines. Le membre du gouvernement a ajouté que la pépinière peut, également, fournir jusqu’à dix milliards de graines forestières.

Défi étatique

Outre le challenge de planter soixante millions d’arbres en une journée pour le soixantième anniversaire du retour à l’indépendance, le locataire d’Iavoloha a, également, indiqué que pour gagner le défi écologique qu’est la reforestation de Madagascar, le besoin serait que les pépinières produisent dans les quatre-vingt millions de jeunes plants. Pour l’année prochaine, en tout cas, le principal challenge est lancé.

Le président de la Répu­blique l’a, par ailleurs, soulevé, hier, l’engagement de la nation toute entière sera nécessaire pour relever le défi qu’il a annoncé. Mobiliser les citoyens pour s’impliquer dans cette cause écologique sera, probablement, le principal challenge pour l’État.

Dans une conjoncture où le civisme, le sens du bien commun et de l’intérêt commun sont en perdition, il faudra une forte campagne de mobilisation pour convaincre la population qu’au-delà de l’événement, le reboisement du pays, une reforestation massive sont des sujets, des actes où les enjeux sont cruciaux.

Dans une approche prenant en compte le contexte mondial, un reboisement massif sera une manière de lutter contre le changement climatique. Sur le plan national, il s’agit tout simplement d’éviter que le pays, la population soient en péril.

À l’allure où vont les choses, le peu de forêts qui restent à la Grande île et sa faune endémique ne feront pas long feu, sous la pression des feux de brousse, des exploitants forestiers dont certains sont illégaux, ou simplement des besoins des ménages.

Dans sa prise de parole à Belobaka, Andry Rajoelina a indiqué que les besoins annuels en charbon de bois d’un ménage équivalent à un hectare d’arbres. Le chef de l’État regrette, cependant, que la déforestation par le feu ou la coupe et le défrichement sauvages ne sont pas des faits nouveaux.

Dans une certaine mesure il s’agit de faits culturels. Ce serait une des raisons qui rendent les tentatives de mobilisation contre les feux de brousse inaudibles au point que même les parcs nationaux comme Akara­fantsika, ne sont plus épargnés.

Pour rendre ses galons d’île verte à Madagascar, un reboisement de grande envergure pourrait ne pas suffire. Parvenir à une révolution culturelle pour préserver l’environnement semble, également, s’imposer. Donner à la population vivant dans les zones vertes, l’accès a des alternatives pour subvenir à leurs besoins, vivre décemment sans mettre en danger les forêts, pourrait être un début nécessaire.

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  • Si les faits sont culturels, partiellement, alors il est nécessaire d’enseigner la protection des forêts, la sauvegarde de la nature dès l’enfance, dans les écoles, entre autre par l’aménagement de sorties scolaires éducatives régulières auprès des acteurs concernés, les planteurs. Il en va de même pour le respect de l’environnement et la salubrité. Une reprise en main salutaire en quelque sorte.