Jeux, tu, îles


Un record en médailles d’or, de belles infrastructures, une population dans la liesse malgré le drame de la cérémonie d’ouverture. Le pari que d’aucuns disaient perdu d’avance a été gagné avec panache même si certaines disciplines comme l’athlétisme et la boxe, jadis souveraines dans la région, sont en net recul. Les disciplines collectives sont également talonnées par les îles voisines à l’image du volleyball et du handball. Avec le basketball, ce sont des disciplines qui ont un gros problème d’infrastructures et de relève. Ce qui explique en partie ces contre-performances. On a gagné mais il faut dire que l’écart se resserre entre les îles. Et il ne faut pas voir dans ce triomphe une supériorité absolue. Le classement change d’une édition à l’autre selon le nombre de disciplines retenues et selon la nature des disciplines. Outre les disciplines intouchables, le pays organisateur a le privilège de choisir celles où il pense pouvoir faire la difficile. Voilà pourquoi dans les éditions antérieures, le classement des médailles n’est jamais immuable. Il est donc difficile pour un pays de garder la tête du classement deux éditions de suite. Dans toutes les éditions, Madagascar a terminé premier lors des Jeux qu’il a organisés en 1990, 2007 et 2023. Le plus difficile est de rester au sommet même si en général on n’a plus rien à prouver au niveau régional. Certains athlètes ont amplement le niveau pour évoluer à l’échelon international. Mais il faut le vouloir avec une réelle volonté et une détermination à flirter avec le haut niveau. C’est un autre stade, plusieurs crans au-dessus des Jeux des îles. Le président de la République a déjà compris ce qu’il faut faire pour atteindre l’étage supérieur. Il a annoncé hier la création du statut du sportif de haut niveau. Un changement radical dont on avait mis les premiers jalons lors d’un forum du monde sportif à Mahajanga en 1994. Les résolutions prises lors de cette réunion ont été rejetées en travaux de commission de l’Assemblee nationale. Il n’en restera qu’une pâle copie qui n’a jamais valu l’original. L’idée est donc relancée par le chef de l’État lui-même. Le glas a sonné pour le bénévolat et l’amateurisme. C’est la suite logique de la victoire dans ces Jeux, conjugués au futur simple.
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