Notes du passé

La fièvre de bâtir à Tana fin du XIXe siècle

Antananarivo, la Cité des Mille hommes au début, compte en 1955, 180 000 habitants. Sa situation géographique est privilégiée, affirment certains urbanistes. Ils l’expliquent par le fait que la colline en Y sur laquelle est bâtie la ville, est située au centre d’un cercle d’autres collines lointaines, qui portent le nom des « Monts de l’Imerina ». C’est pour cela, disent-ils, que le roi Andrianjaka a compris l’intérêt à fixer sa capitale au point culminant. Sa conquête permet à Andrianjaka, en 1607, de proclamer qu’Analamanga serait la capitale et il y fait le serment qu’à l’avenir, il serait le seul à régner. Pour mettre sa capitale à l’abri de toute surprise, il la fait encercler par un camp de mille hommes. C’est ainsi qu’Analamanga devient Antananarivo.

Lorsque le général Joseph Gallieni remplace Hippolyte Laroche, il délaisse le projet de ce dernier- à savoir la transformation du plateau d’Androhibe en ville moderne pour les Européens- afin de s’installer définitivement au cœur même de l’ancienne puissance hova. L’organisation administrative d’Antananarivo est envisagée et décidée dès les premières années de l’occupation française. Le 2 février 1899, un décret érige en commune Antananarivo et les principaux centres de la Grande ile.

Le 23 octobre 1908, un arrêté porte organisation de la commune d’Antananarivo sous une forme administrative « qui rappelle par certains points, compte tenu naturellement des problèmes particuliers à la ville, les grandes lignes de l’organisation communale en France ». Le texte organique pris le 9 octobre 1913, est toujours en vigueur, en 1955, tout en ayant subi certaines modifications.

L’organisation municipale est également le reflet de celles, similaires, qui existent en France, mais adaptées aux besoins d’Antananarivo. Elle comprend les services administratifs habituels et des services techniques. Toutefois, les services de voirie ont une importance considérable du fait du relief de la capitale et des difficultés que présente sa topographie. De même, le Bureau municipal d’hygiène n’a pas un caractère identique à celui que l’on rencontre dans les villes métropolitaines. « Son caractère prophylactique est beaucoup plus développé que son caractère métropolitain de surveillance sanitaire. » À souligner que c’est le 7 mars 1936 que sont inaugurés par le gouverneur général Léon Cayla, l’Hôtel de ville et l’avenue Fallières (devenue de la Libération après la seconde guerre mondiale, puis de l’Indépendance en 1960).

Le district d’Antananarivo est divisé en deux circonscriptions, le gouvernement Nord et le gouvernement Sud. Ils groupent quinze cantons, eux-mêmes subdivisés en quartiers, « ce qui porte le nombre de subdivisions mineures à quarante cinq ». Fin 1954, comme certains cantons ont « un volume exagéré », deux nouveaux sont créés, Andravo­hangy et Manarintsoa. En 1955, le canton est l’unité de base de l’administration autochtone et groupe une population de plus de 10 000 âmes.

Antananarivo compte en 1901, 55 000 habitants autochtones, 70 000 en 1925, 163 000 en 1946 et environ 200 000 en 1955. Dès 1863, la fièvre de bâtir s’empare de la ville. Architectes européens de métier ou improvisés, tels Gros, Cameron, Sibree, le frère Gonzalvien, Laborde et autres maitres-maçons malgaches, formés à leur école, construisent sur les collines de la ville, les maisons et édifices qu’elles comportent encore aujourd’hui. Le Palais de la Reine, de son point culminant, commande l’ensemble, celui du Premier ministre, plus bas et les demeures des anciens dignitaires coiffent tout le reste.

Cependant, la délégation du pouvoir spirituel donnée au christianisme, lors de la conversion en masse des princes et de la population, n explique et ne justifie l’occupation des cimes par les temples et les églises. « Ainsi, la hiérarchie est toujours respectée. » De même, le doyen des Monuments d’Antananarivo est le tombeau de l’ancien Premier ministre, construit par Jean Laborde en 1835. C’est en 1898 qu’est ouverte la rue Guillain. Elle descend d’Ambohijatovo vers la Place Colbert, plus tard Place de l’Indépendance à Antaninarenina, et la Résidence à Ambohitsorohitra. Sur la croupe de Faravohitra, l’avenue La Bourdonnais, devenue rue George V construite dès 1896, est doublée par la rue Gallieni inaugurée à la fin de 1904. En 1913, on commence à paver les rues et on commande des plaques indicatrices. En 1901, les pentes sud-est d’Isoraka sont aménagées en parc et annexées au Palais du gouvernement.

Le 1er octobre 1910, la première locomotive arrive devant le quai provisoire. La gare n’est ouverte à l’exploitation que le 21 novembre. La même année, Delpech trace l’avenue Fallières et Savaron l’établit. En 1915, l’avenue a déjà ses massifs de verdure, mais n’est pas encore bâtie. Mais sur la face sud-ouest de la Place Colbert, plusieurs bâtiments très fréquentés sont déjà installés.

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