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Industrie : La guerre des savons éclate

Les mesures correctives commerciales de l’ANMCC n’en finissent plus de faire couler beaucoup d’encre à cause des intérêts divergents des opérateurs.

Saponificateurs contre bondillonneurs. Une guerre de communication est lancée depuis l’annonce de nouvelles mesures correctives commerciales il y a quelques semaines avec, d’un côté, les importateurs et, de l’autre, les industriels. Pour le cas du savon en morceaux, il y a une subtilité à prendre en compte avec l’existence de saponificateurs, ceux qui effectuent tout le processus de fabrication du savon dans le pays et les bondillonneurs qui importent des bondillons pour effectuer la dernière étape du processus. Ces derniers sont concernés par le droit additionnel de 34% sur l’importation de leur matière première qu’ils jugent létal pour leurs activités. Ils ont ainsi lancé un «appel de détresse» à l’endroit des ministres de l’Industrie et de l’Economie pour l’annulation de cette mesure de sauvegarde, arguant que cela pourrait entrainer la perte de «plusieurs milliers d’emplois» avec la fermeture d’usine comme SAHVA, SOCITA, SHIV, SIMA, SOFIMEX ou encore MSF.

Interrogé au téléphone à ce sujet, le directeur général de l’Autorité nationale chargée des mesures correctives commerciales, (ANMCC) Barthélémy, a confirmé la particularité du cas du savon en morceaux. «Nous, au sein de l’ANMCC, nous reconnaissons que les bondillonneurs sont des industriels», a-t-il lancé. «Seulement, nous avons constaté que parallèlement à la forte hausse des importations des bondillons entre 2014 et 2018, il y a eu une importante baisse de la production locale. Des saponificateurs ont même décidé de se muer en bondillonneurs car cela revient moins cher».

Décision cette semaine

Barthélémy d’ajouter que cela a entrainé la destruction de 60% d’emplois dans les secteurs car le bondillonnage ne représente plus que 20% du processus et les saponificateurs ne travaillent plus à leur pleine capacité. 16% plus précisément car si l’industrie de saponification peut produire jusqu’à 50 000 tonnes de bondillons, la demande intérieure n’est que de 36 000 tonnes.

Accusé d’avoir un parti pris dans les négociations, Barthélémy a indiqué que le rôle de l’ANMCC était avant tout, de protéger l’industrie. La position de l’ANMCC tend donc à favoriser les saponificateurs qui peuvent fournir en bondillon les bondillonneurs. C’est le cas d’une entreprise qui, d’après lui, ne travaille plus maintenant qu’à 5% de ses capacités. Quoi qu’il en soit, le directeur général de l’ANMCC a fait savoir que les mesures provisoires prévoyant l’application des droits de douanes additionnels n’ont pas encore été appliquées aussi bien pour les savons en morceaux que pour l’huile de table et les lubrifiants moteurs. Il rappelle donc que les hausses de prix constatées actuellement ne peuvent être imputées à ces mesures, n’écartant pas l’éventualité de rétention de stocks de vils spéculateurs. Toutefois, il a déclaré qu’une décision sera prise au plus tard au début de la semaine.

 

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