Culture

Hommage – Les mélomanes pleurent Haja Ravaloson

Sincère, humble et surtout apprécié pour sa grande générosité et sa passion intarissable pour le jazz. Haja Ravaloson nous a quittés, laissant orpheline toute une génération de mélomanes.

Tchao la compagnie ! On se retrouve dans un monde meilleur. Bonne continuation les amis ». C’est sur ces mots qu’il nous a définitivement dit au-revoir hier, laissant en émoi ses proches, mais surtout toute la scène musicale. Fidèle à lui-même, courageux et optimiste jusqu’au bout, le tout en étant toujours un peu taquin, Haja Ravaloson s’en est allé rejoindre le panthéon des illustres étoiles de la musique qu’il affectionne tant. Du haut de ses 59 ans, c’est un musicien de talent, guitariste d’exception, mais surtout fin pédagogue qui avait toujours mis un point d’honneur à partager ses connaissances, ainsi que ses expériences auprès de tous les mélomanes qui croisaient son chemin, qui nous a quittés.

On ne saurait trouver les mots pour décrire la tristesse qu’a suscité la disparition de Haja Ravaloson. Lui qui luttait vaillamment contre sa maladie depuis longtemps, n’a cessé de faire preuve de ténacité pour constamment soutenir nos jazzmen et jazzwomen chaque fois qu’un événement ou un concert a eu lieu. Haja Ravaloson, c’est la voix, cette voix grave au micro qui nous invite à festoyer et à savourer de la bonne musique le temps du festival international Madajazzcar, dont il était le fier porte étendard. Ceci-dit, il était aussi cette figure paternel et cet ami fidèle, qui, par sa bienveillance, inspirait à la fois un respect intarissable, ainsi qu’une grande sympathie de la part des musiciens nationaux et internationaux.

De vibrants hommages à « Kàja »

Ils étaient nombreux à avoir rendu hommage à Haja Ravaloson hier, qu’ils surnomment affectueusement « Kàja». Depuis les musiciens qu’il a côtoyés au sein de l’AF Jazz, club de jazz de l’Alliance française d’Antananarivo (AFT), mais aussi ceux qu’il a encadrés lors de l’incontournable Tremplin Jazz du Madajazzcar, ils sont nombreux à avoir pleuré sa disparition. Bien au-delà du jazz même, des mélomanes de tous horizons ont tenu à saluer la mémoire de cette illustre personnalité qu’est Haja Ravaloson.

Son fidèle ami depuis un quart de siècle, Désiré Razafindrazaka, président de Madajazzcar affirme « Hier encore, on était ensemble à discuter. Aujourd’hui, je suis effondré et extrêmement triste, je te pleure mon frère, tu vas nous manquer cruellement ». L’un de ses protégés, le guitariste Anjara Rakotozafiarison confie « Il était un mentor, un ami, une inspiration, mais surtout un père pour nous tous. Il n’a cessé d’être fier de nous, de ce qu’on a pu accomplir et dont on lui en sera éternellement reconnaissant ».

À jamais dans le cœur de toute une génération de musiciens, qu’ils soient issus du jazz ou d’autres genres, Kàja a su marquer de sa présence et son aura se fera continuellement ressentir. Une veillée se tient dans sa demeure familiale à Malaza Tongarivo, où un bœuf exceptionnel résonnera sans doute avec tous les musiciens qui s’y retrouveront. Il laisse orphelin trois enfants et sera inhumé à Kianja Miantoarivo, ce vendredi, dans le caveau familial.

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