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Rio 2016 – Cérémonie d’ouverture – Rio promet la plus grande fête jamais organisée

Première ville sud-américaine hôte des Jeux Olympiques, Rio veut offrir « la plus grande fête jamais organisée » au Brésil. La cérémonie d’ouverture, vendredi, (20h locale, samedi à 2 h, heure malgache) se tiendra dans le mythique stade Maracana.

La barre est haute pour le trio de directeurs artistiques à la manœuvre, dont le réalisateur brésilien Fernando Meirelles, après le spectacle inventif et décalé qui avait rencontré un franc succès à Londres, il y a quatre ans. D’autant qu’il a dû composer avec des moyens très éloignés du faste de Pékin et du budget londonien, dans un pays plongé dans une récession économique aiguë, assortie d’une sévère crise politique.
Une enveloppe « douze fois inférieure à celle de Londres, vingt fois à celle de Pékin », estime Meirelles, qui a, notamment, réalisé « La Cité de Dieu » et « The Constant Gardener ».
Malgré ces contraintes financières, « nous voulons proposer la plus grande fête jamais organisée dans ce pays », lance Daniela Thomas, codirectrice artistique de la cérémonie.
Sous les yeux de quelque trois milliards de téléspectateurs à travers le monde, le légendaire Maracana, garni de près de 80 000 spectateurs, sera ainsi transformé, le temps d’une soirée, en sambodrome. Y défileront des centaines de représentants d’une douzaine d’écoles de samba, dans l’ordre du classement du dernier Carnaval en février.

Les organisateurs promettent une cérémonie d’ouverture grandiose.
Les organisateurs promettent une cérémonie d’ouverture grandiose.

Le mot d’ordre que s’est fixé Meirelles   « Que la cérémonie d’ouverture fasse l’effet d’un antidépresseur pour le Brésil. Les Brésiliens pourront la regarder et se dire : Nous sommes un peuple agréable, (…) nous savons profiter de la vie ».
Seront également de la fête les mélodies de deux icônes de la musique populaire brésilienne, Gilberto Gil et Caetano Veloso. Et l’ex-mannequin vedette, Gisele Bundchen, retirée des podiums depuis 2015, défilera au son de l’incontournable « A Garota de Ipanema ».
L’apparition de l’ancienne top-modèle a fait naître une polémique quand la presse brésilienne a bruissé ces derniers jours de fuite selon lesquelles elle jouerait un simulacre d’agression par un gamin des rues, alors que la scène est courante à Rio, ville à la criminalité en hausse.
Mais les organisateurs ont affirmé qu’il « n’y aurait pas de scène de vol » dans le spectacle.
Les quelque quatre heures de show n’échapperont pas à une figure imposée, un voyage à travers les étapes marquantes de l’histoire du pays : au Brésil, la colonisation portugaise, une évocation de l’esclavage ou encore le vol du pionnier de l’aviation Alberto Santos-Dumont dans son 14 Bis au début du XXe siècle.

Pelé, dernier relayeur  ?
Le spectacle se projettera également sur l’avenir de la planète, avec un tableau sur le réchauffement climatique soulignant le rôle crucial du Brésil, qui abrite la majeure partie de la forêt amazonienne.
Secret bien gardé, en revanche, l’identité du dernier relayeur de la flamme olympique qui allumera la vasque du Maracana, alors qu’une seconde s’embrasera simultanément dans le centre de Rio, dans la zone portuaire rénovée.
Le « Roi » Pelé, seul footballeur triple champion du monde, est le favori des pronostics. Même si, à 75 ans, il marche difficilement à l’aide d’une canne après plusieurs opérations de la hanche. « J’en serais honoré (…) Ce serait une opportunité formidable dans mon pays », a reconnu la légende du football brésilien dans la presse française, mardi. Encore faut-il qu’il se défasse d’engagements prévus avec des sponsors, selon ses déclarations à la télévision brésilienne.
Gustavo Kuerten, triple vainqueur de Roland-Garros, toujours très haut placé dans le cœur des Brésiliens, pourrait toutefois le priver de cet instant historique.
Les premiers JO sud-américains de l’histoire s’ouvriront, vendredi, dans un contexte politique tendu. Sans Dilma Rousseff, la présidente suspendue, qui fait face à une procédure de destitution et refuse d’être réduite à « un second rôle » sous le regard du monde entier. Sans non plus son prédécesseur Lula, au rôle pourtant déterminant dans l’obtention des JO-2016, il y a huit ans.
C’est Michel Temer, président par intérim depuis mi-mai, qui déclarera les XXXIe Jeux Olympiques ouverts. Le vice-président de Rousseff s’est déjà dit « fin prêt » à subir huées et sifflets.
Cette cérémonie « carnavalesque » sera ponctuée du défilé des équipes, derrière leur porte-drapeau. Parmi elles, une délégation de dix réfugiés défilera sous la bannière olympique.

 

Les installations ont été terminées au dernier moment mais à temps.
Les installations ont été terminées au dernier moment mais à temps.

Sites – Des installations réparties sur quatre pôles 

Les installations des JO-2016 (5-21 août) sont réparties dans quatre pôles de Rio, très éloignés les uns des autres et comprenant chacun plusieurs quartiers : Barra da Tijuca (Ouest), Deodoro (Nord-Ouest), Copacabana (Sud) et Maracana (Nord).
Les tournois de football féminin et masculin se disputeront également dans cinq autres villes du Brésil (Belo Horizonte, Sao Paulo, Salvador, Brasilia et Manaus).
Barra da Tijuca
Ce quartier moderne de l’Ouest de Rio, situé à 30 km du centre-ville, sera le principal pôle des Jeux, abritant, notamment, le Parc et le Village olympiques, au bord de l’Atlantique.
– Vélodrome (5 800 places): cyclisme sur piste
– Arène Carioca 1 (15 000): basket
– Arène Carioca 2 (10 000): judo, lutte gréco-romaine, lutte libre
– Arène Carioca 3 (10 000): taekwondo, escrime
– Arène du Futur (12 000): handball
– Parcours de golf (25000)
– Arène olympique (12 000): gymnastique artistique, rythmique et trampoline
– Centre olympique de sports aquatiques (18 000): natation, water-polo
– Centre aquatique Maria-Lenk (5 300): water-polo, plongeon et natation synchronisée
– Centre olympique de tennis (19 750)
– Riocentro (28 500): quatre pavillons pour tennis de table, badminton, boxe, haltérophilie
– Village olympique: 31 immeubles de
17 étages pour loger les délégations, soit 17 000 personnes. L’inauguration officielle, le 24 juillet, a tourné au fiasco : la moitié des bâtiments connaissaient de sérieux problèmes de plomberie. Le recours en urgence à quelque 630 ouvriers aurait permis de tout régler quelques jours plus tard, selon les organisateurs.
Deodoro
La mairie a décidé de rafraîchir ce quartier populaire décati aux faubourgs grisâtres et casernes militaires du Nord-Ouest de la ville, très éloigné du centre. Après les Jeux, une grande partie des installations olympiques seront incluses dans un vaste parc public de loisirs, comprenant une grande piscine à l’air libre.
– Aire de canoë-kayak slalom
(8 000 places)
– Centre olympique de BMX (7500)
– Arène de la Jeunesse (Arène de Deodoro) (5 000): basket féminin, pentathlon moderne
– Centre olympique de hockey sur gazon (15 000)
– Centre de VTT (27 500)
– Centre aquatique de Deodoro (2 000): pentathlon moderne
– Centre olympique de tir (7250)
– Centre olympique d’équitation (35 200)
– Stade de Deodoro (15000): pentathlon moderne, rugby à VII
Copacabana
La plage la plus célèbre du monde est l’un des lieux de prédilection des Cariocas pour la pratique du sport en plein air (beach-volley, foot-volley, foot, jogging, etc.) au sein d’un cadre exceptionnel, dans le sud touristique de Rio.
– Arène de Copacabana (12 000 places): beach-volley
– Fort de Copacabana (5 000): cyclisme sur route, natation en eau libre, triathlon
– Stade de la Lagune (10 000): aviron, canoë-kayak en ligne
– Marina da Gloria (10 000, du côté de Flamengo): voile et planche à voile. De fortes vagues ont endommagé samedi une rampe d’accès à la mer, en voie de réparation depuis.
Maracana
La vasque olympique s’allumera pour la première fois en Amérique du Sud au stade Maracana, le temple mythique du football brésilien. Le stade Olympique Joao Havelange, dit communément Engenhao, est situé à quelques kilomètres.
– Stade Maracana (78 600 places): football, cérémonies d’ouverture et de clôture
– Gymnase Maracanazinho (11 800): volley
– Stade olympique Joao Havelange, dit Engenhao (60 000): athlétisme
– Sambodrome: marathon (30 000 places), tir à l’arc (6 000).

Préparatifs – Les flambées de la torche olympique

Un jaguar tué par balles, des attaques à l’eau, un accident policier ou encore un roi à la flamme vacillante : la torche olympique a passé l’épreuve du feu avant son entrée au Maracana, vendredi, pour la cérémonie d’ouverture des JO-2016.
Allumé le 21 avril dans les ruines de la cité antique d’Olympie en Grèce, le feu sacré du sport a atterri au Brésil le 3 mai et en a parcouru plus de 300 villes dans ses 27 États régionaux, porté par quelque 12 000 personnes, le plus souvent en courant, mais aussi à cheval, en bateau, sur une planche de surf…
Au cours d’un aussi long périple, cela ne pouvait aller sans heurt dans la vie d’une flamme.
Plus grand félin des Amériques en voie de disparition, un des jaguars exhibés sur le parcours de la torche à Manaus, fin juin, s’échappe soudain lors de son passage d’un enclos à l’autre. Il doit être abattu par balles car les tranquillisants tardent à faire effet alors qu’il attaque l’un de ses soigneurs.
Cet incident connaît un certain retentissement et le comité organisateur Rio 2016 déplore « une erreur » d’avoir associé la torche à « un animal sauvage attaché ». De son côté, l’Institut de protection environnementale de l’Amazonas (Ipaam) regrette qu’on ne lui ait pas demandé l’autorisation requise.
Ironie du sort, le jaguar est précisément le symbole de la délégation brésilienne aux JO…
Plusieurs personnes essaient, sans succès, d’éteindre le feu olympique, la plupart pour dénoncer les dépenses publiques afférentes : fin juin à Maracaju (Centre-Ouest), un homme tente son coup avec un seau d’eau; à Porto Alegre (Sud) début juillet, deux personnes se lancent avec une bouteille et un verre ; mi-juillet, c’est carrément un extincteur qu’un homme emploie à Joinville (Sud) ; et fin juillet à Guarulhos (près de Sao Paulo), un jeune utilise une bombe à eau.
Le cortège policier ceinture à chaque fois rapidement l’intrus, promis à un tour au poste, alors que seule la nature réussit là où ils échouent, lorsque la pluie éteint la flamme pendant quelques minutes à Salvador, fin mai. Mais le comité organisateur relativise ces désagréments : le convoi compte huit lanternes de sécurité, contenant chacune un peu du feu olympique.
Le 21 juillet à Osasco, dans la banlieue de Sao Paulo, se produit un accident parmi les membres du cortège : un policier à moto vient percuter violemment un de ses confrères roulant à vélo, juste devant le porteur de la torche.

Un monument dédié aux sportifs décédés

Un monument à la mémoire des sportifs décédés dans le cadre des Jeux Olympiques, dont les onze Israéliens tués lors des JO de Munich en 1972, a été inauguré mercredi dans le Village olympique de Rio par le président du CIO Thomas Bach.
Le monument qui renferme une pierre du site antique d’Olympie, berceau des Jeux en Grèce, est dédié notamment à la mémoire des victimes de l’attaque perpétrée par le groupe palestinien Septembre noir en 1972 à Munich contre le pavillon israélien.
En présence d’athlètes israéliens mais aussi allemands, le président Bach, lui-même champion olympique d’escrime en 1976 à Montréal avec l’équipe de RFA de fleuret, a ainsi énuméré les noms des onze otages israéliens tués en 1972, avant d’observer une minute de silence.
« Les Jeux Olympiques ont toujours été une affirmation de la vie. Que cette commémoration soit une affirmation de leurs vies », a déclaré Bach en présence de deux veuves des victimes de Munich.
« C’est un moment incroyablement important, a témoigné Ankie Spitzen, veuve de l’ancien coach de l’équipe israélienne à Munich. Nous avons attendu 44 ans pour ce moment. Nous nous sommes battus pour leur mémoire et la reconnaissance que nos êtres chers brutalement tués à Munich appartiennent vraiment à la famille olympique ».

Participants – Les dix stars attendues à Rio 

Le Jamaïcain Usain Bolt vise le triple-triple.
Le Jamaïcain Usain Bolt vise le triple-triple.

Usain Bolt
Le Jamaïcain est déjà entré dans la légende de l’athlétisme avec ses six or olympiques et ses onze titres de
champion du monde. Son objectif à Rio est simple: le triple-triple, à savoir
remporter comme à Beijing en 2008 et à Londres en 2012 l’épreuve-reine du 100 m, le 200 m et le relais 4×100 m. Trois nouveaux titres, et il rejoindrait l’Américain Carl Lewis avec neuf médailles d’or aux JO. Sur 100 m, il fera face à l’Américain Justin Gatlin, auteur des deux meilleures performances mondiales de l’année, alors que cette saison, le Jamaïcain est assez loin au niveau des bilans.
Michael Phelps
Avec 22 médailles dont 18 en or, le nageur de Baltimore est devenu, à Londres il y a quatre ans, le sportif le plus titré de l’histoire des Jeux Olympiques. Il avait déjà été l’athlète le plus titré sur une édition des JO, en 2008 à Beijing avec huit titres. Mais Phelps n’est jamais rassasié. Absent des Mondiaux-2015, il s’alignera sur 100 m et 200 m papillon et sur 200 m quatre nages. Si l’on ajoute les relais, l’Américain pourrait passer la barre des vingt médailles d’or. De quoi
graver pour l’éternité son nom dans la légende de l’olympisme.
Katie Ledecky
Surnommée la « Michael Phelps au féminin », Katie Ledecky a ébloui de toute sa classe les Championnats du monde de natation en 2015, en cumulant les titres en nage libre (200 m, 400 m, 800 m et 1500 m), pour un quadruplé inédit. Le 1500 libre féminin n’étant pas au programme olympique, elle devra se contenter de trois épreuves et du relais 4×200 m libre.
Renaud Lavillenie
En effaçant des tablettes un record du monde qui paraissait totalement inaccessible, le perchiste français Renaud Lavillenie a changé de dimension en février 2014. À Rio, il tentera de conserver son titre olympique de Londres. Dominateur sur l’olympiade entre Londres et Rio, il a toutefois subi deux cuisants échecs en grands cham­pionnats : deuxième derrière l’Allemand Raphael Holzdeppe en 2013 à Moscou et troisième en 2015 à Pékin.
Novak Djokovic
Le Serbe totalise douze titres du Grand Chelem dans sa carrière, mais un tournoi l’intéresse plus particulièrement cette saison: les Jeux de Rio. Rafael Nadal en 2008, Andy Murray en 2012: le tournoi olympique a attiré depuis quelques éditions les meilleurs mondiaux. Le tableau de Rio compte toutefois deux grands absents de marque, avec les forfaits des Suisses Roger Federer et Stan Wawrinka, respectivement N°3 et N°4 mondiaux. De quoi ouvrir le tableau pour « Nole », véritable ogre des courts depuis deux saisons.
Neymar
L’attaquant du FC Barcelone rêve d’offrir un premier titre olympique au Brésil. C’est la seule véritable star du football mondial présent au tournoi olympique. L’occasion de le réaliser à domicile est belle, mais le spectre du fiasco du Mondial-2014 est encore dans tous les esprits, pour le pays du « futebol ».
Teddy Riner
Le colosse de plus de deux mètres et 141 kg sera le porte-drapeau de la délégation française à la cérémonie d’ouverture, en coiffant sur le fil la vedette de la NBA Tony Parker. Il écrase la concurrence comme jamais un judoka ne l’a fait avec seulement deux défaites pour 94 victoires internationales consécutives. Un second titre chez les lourds, après celui de Londres, lui permettrait de rejoindre David Douillet, double champion olympique dans la catégorie en 1996 et 2000.
Chris Froome
Le Britannique vient de remporter son troisième Tour de France après 2013 et 2015. Il a aussi enlevé le dernier contre-la-montre sur un parcours accidenté comme ce sera le cas à Rio, où il sera à la lutte pour le titre olympique avec le Néerlandais Tom Dumoulin, qui l’avait dominé sur le premier chrono du Tour de France. Froome avait déjà pris le bronze à Londres en 2012. Pour la course en ligne de samedi, le natif du Kenya s’est dit prêt à se mettre au service de ses coéquipiers.
La Dream Team de basket-ball
Certes, les deux grandes stars de la saison de NBA ne sont pas là. Stephen Curry des Golden State Warriors et LeBron James des Cavaliers de Cleveland ont décidé de profiter de la période olympique pour se reposer. Mais l’équipe américaine de basket-ball mérite encore le surnom de Dream Team, hérité des Jeux de Barcelone en 1992, avec quatre finalistes de la dernière saison de NBA, dont Kyrie Irving, coéquipier de LeBron à Cleveland et champion 2016.
Simone Biles
À 18 ans, l’Américaine détient le record du nombre de titres mondiaux (10) et a décroché pour la première fois dans l’histoire de la gymnastique trois couronnes mondiales consécutives au concours général. Ses performances aux Mondiaux-2015 à Glasgow l’obligent à aller chercher l’or au concours général à Rio. Tout autre résultat constituerait une déception.

Textes et photos AFP

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