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Editorial

Il crève l’abc

Des propos qui n’ont rien de diplomatique. Le représentant de l’UNICEF a carrément crevé l’abc ou plutôt l’abcès vendredi face à la presse à propos de l’éducation. Qu’une journaliste fasse un reportage jugé humiliant sur la famine dans le Sud, on peut mettre en doute sa bonne foi et son objectivité mais qu’un représentant d’un organisme onusien sort de son obligation de réserve, c’est que l’heure est juste grave. Michel Saint- Lot a tout simplement dit tout haut ce qu’on aimerait susurrer. Il a confirmé ce qu’on a toujours déploré et dénoncé. Le recrutement des enseignants sans qualification est un crime contre la nation. « Quand on a des illettrés qui forment des gens, il n’y a que des générations d’illettrés qui sortent » a déclaré Michel Saint Lot pour décrire la situation sans état d’âme.

Il n’y a pas à s’enorgueillir d’avoir recruté quarante mille maîtres Fram, comme on les appelle, entre 2014 et 2018. La Banque mondiale et l’UNICEF elles-mêmes ont constaté qu’il y a des enseignants dont le niveau était inférieur à celui des élèves et qui ne savaient pas effectuer une opération avec des chiffres décimaux.

Le représentant de l’Unicef a étayé avec des statistiques fournies par l’Instat la décadence de l’éducation depuis plusieurs années. Heureusement qu’on s’est maintenant rendu compte de l’erreur fondamentale qu’on a commise. Il s’agit du mépris envers les enseignants à tous les niveaux devenus parents pauvres de la fonction publique depuis la seconde République. L’enseignant est dévalorisé, déconsidéré, déclassé. Il court derrière un statut qui pourrait le remettre à sa place au même titre que les statuts spéciaux des autres fonctionnaires.

Il est bien évident que le niveau de l’enseignement a dégringolé avec celui des enseignants. Le programme a été trituré selon les régimes et on est toujours à la recherche d’un système d’enseignement idéal.

Depuis deux ans en tout cas des efforts ont été entrepris pour remédier à la situation. Le redressement de l’éducation fait partie des velirano du président de la République. De nouvelles infrastructures ont été construites, des Rakibolana et des livres ont été distribués gratuitement aux élèves dans tous les districts et prochainement un millier d’enseignants qualifiés vont être recrutés. On retrouve ainsi le sens de la marche même s’il faudra plusieurs années pour redresser cette situation que les régimes précédents semblent avoir entretenue sciemment.

Plus la population est mal éduquée, plus on peut gagner facilement les élections. À preuve le taux de participation aux élections est sensiblement le même que le taux de réussite aux examens. Mais on a maintenant compris qu’il n’y a pas de développement sans une bonne éducation. Ouf!

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