Notes du passé

Divers enclos autour des Lapa

Un défi ou une tentative d’assimilation? La tradition, Besakana, et la « civilisation importée », l’Église du Palais, côte à côte.

Sous Andrianampoinimerina, c’est Besakana qui semble être le Lapa le plus important du Rova d’Antananarivo (Vincent Belrose-Huyghues (Revue historique Omaly sy Anio, N°1 et 2, 1975). À côté de celui-ci se trouve Voahangy, Bevato et Bado, ce dernier étant situé au « coin des volailles » au sud-est de l’enceinte.

Les Tantara ny Andriana eto Madagascar du R.P. Callet conservent le nom des occupants de ces maisons. Bevato est la demeure du jeune Laidama, Mananjara n’a pas d’occupant précis. « Il ne faut d’ailleurs pas attacher trop d’importance à ces attributions, les Tantara semblent dire que du roi seul dépendait la résidence de ses femmes et qu’il pouvait en changer. » D’autant que la fonction de ses épouses n’est pas tant d’assurer la descendance du souverain que « de surveiller (mitandrina) les talismans et palladiums qui étaient déposés dans leur case, et de symboliser les Douze saintes idoles royales. » La plus importante, Manjakatsiroa, a été placée à Mahitsielafanjaka au nord, tandis que Kelimalaza et Fantaka se sont installées l’une au nord, l’autre à l’extérieur du Rova, à l’ouest.

Le R.P. Callet apporte une précision: « Il n’y a pas, à ce qu’on rapporte, douze idoles royales. C’est là simplement une expression comme les douze femmes royales, les douze montagnes sacrées et les douze rois. » Et l’auteur de l’étude d’ajouter : « Andrianampoinimerina comme tous les rois malgaches eut, par ailleurs, un nombre considérable de femmes, permanentes ou occasionnelles. » Charles Renel indique que les surveillants (mpitandrina) sont les épouses ou les descendants directs des souverains. Les premiers rois qui pratiquent couramment la polygamie et que la coutume autorise à avoir douze épouses, « ont sans doute des femmes dans les villages des Douze montagnes… »

Aux enceintes réservées à la résidence, s’ajoutent divers enclos. Le premier est le Kianja (grande cour). À Ambohimanga, « c’était une place sainte dans l’enceinte de Mahandrihono à l’ouest de la Tranomasina ». À Antananarivo, il est à l’ouest de Masoandro et à l’est de Besakana, au sud de Tranomasina. Cette cour sacrée s’est trouvée alors dans l’enceinte des femmes. Elle appartient au Rova d’Andrianjaka, entre Masoandro et Besakana.

En construisant son propre Rova, au nord de celui d’Andrian­jaka, Andrianampoinimerina introduit « une plus grande complexité des cérémonies et sacrifices sous l’influence des astrologues antemoro ». Chaque lieu de culte, soit chacune des maisons des Douze épouses et les demeures des idoles, « possédait son kianja avec sa pierre de sacrifice ». Selon le jour, le devin indique tel coin du Rova pour le sacrifice, alors que pour Andrianjaka, on a accompli tous les sacrifices à l’est.

Par ailleurs, l’auteur de l’étude fait remarquer que l’évolution topographique du Rova a toujours été déterminée par la nécessité d’être toujours au nord des Tranomasina (destin souverain, Alahamady). Andrianam­poinimerina fait ériger son Lapa au nord des tombes, Radama installe Tranovola au coin nord-est, et Ranavalona Ire fait bâtir Manjaka­miadana au nord-ouest.

Le second site non réservé à l’habitation est le Fahimasina. À Ambohimanga, le parc à bœufs sacrés se trouve dans l’enceinte royale, à l’ouest du kianja, les bœufs allant de l’ouest vers l’est pour le sacrifice. À Antananarivo, selon le R.P. Callet, « Andrianam­poinimerina avait construit deux parcs à bœufs, l’un Menalefona se trouve près de Kelisoa, tandis que l’autre est à Ampahibe, à l’ouest de Besakana : là son enfermés les bœufs sikidy et les vaches laitières. » Vincent Belrose-Huyghues estime que Menalefona ne convient pas à la définition de Fahimasina, mais il témoigne, encore une fois, « de l’importance de la symbolique et de la pratique astrologique sous Andrianam­poinimerina ».

L’enclos est situé au nord-est du Rova, coin réservé au destin Alahamady, « destin puissant choisi par les souverains. » Or le signe d’Alahamady est le taureau, mena est la couleur royale et lefona (lance, sagaie) est un insigne honorifique. « On découvre toute la symbolique qui s’attache à la moindre dénomination de la moindre construction du Rova. » Et pour l’auteur de l’étude, le vrai parc à bœufs est Ampahibe dont la localisation remonte à Andrianjaka, au coin sud-ouest (peut-être à l’extérieur) de l’enceinte royale.

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