Editorial

Bonbon débarras

Triste réalité. Les diplômes ne suffisent pas pour réussir une carrière dans un gouvernement. Les sans diplômes munis d’une assise politique font mieux. Le ministre de l’Éducation nationale en a apporté la preuve. Revenant du pays de la liberté et du dollar pour servir son pays, elle n’aura pas fait long feu au sein du gouvernement. Elle aura servi pendant cinq mois. Rijasoa Josoa Andriamanana a emboîté le pas à son prédécesseur presque pour la même raison. Elle a été emportée par le scandale des bonbons pour un montant de 8 milliards ariary alors que sa devancière a perdu son portefeuille à cause de l’histoire de panier garni. Les deux ministres ont toutes nié avoir fait des malversations. La première a déclaré que le projet d’achat de bonbon pour les élèves en guise d’accompagnement du Covid-Organics a été abandonné et qu’aucune somme n’a été débloquée. Des cartons de bonbons ont été néanmoins retrouvés par les paparazzi dans les locaux de son ministère et balancés sur les réseaux sociaux aggravant son cas. Toutes les circonstances étaient donc contre elle et le meilleur avocat du monde n’aurait pas pu plaider sa cause.

La seconde avait affirmé qu’il n’y avait aucun détournement de deniers publics et qu’elle réclamait le rapport de l’Inspection générale de l’État. Elle a retrouvé tranquillement sa place de députée de Madagascar. Son malheureux successeur ne sera pas non plus inquiété? On l’ignore étant donné qu’elle n’a pas l’impunité parlementaire de son prédécesseur. On n’a pas entendu en tout cas ni le Bianco ni le PAC se pencher sur les deux affaires. Si elles étaient innocentes, il s’agirait alors d’une pure diffamation à moins qu’on veuille simplement donner satisfaction aux juges des réseaux sociaux qui n’ont pas ménagé les deux ministres. Pire, Rijasoa Josoa Andriamanana a la langue bien pendue et un franc-parler abrasif que ses propos ont été pris de travers et choquent ceux qui sont habitués aux circonvolutions des phrases, aux commodités des manières. Autant son parcours académique en partant de rien pour arriver au sommet à force de persévérance et de conviction, force l’admiration, autant son échec dans son domaine de prédilection surprend.

Des sanctions pénales ou administratives devraient accompagner les limogeages motivés par des malversations financières ou des détournements de deniers publics. La bonne gouvernance se gagnera par des sanctions exemplaires contre les auteurs des crimes. Mais ce n’est pas tout. Si malversations il y avait, elles ne seraient pas les seuls coupables. Comment peut-on autoriser l’octroi d’un marché public d’une telle somme par une procédure de gré à gré? L’urgence sanitaire ne doit pas permettre en aucun cas une dérogation aux règles de passation de marché public. Sinon c’est un boulevard aux détournements de deniers de toutes sortes. D’ailleurs si cette procédure est généralisée, il est certain que d’autres départements, d’autres ministres en ont profité. Pour le moment, Rijasoa Josoa Andriamanana s’est fait prendre la bouche pleine d’amertume. Bonbon débarras.

1 commentaire

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  • C’est pourtant simple non? Sa bourde n’est pas plus importante que celles des autres ministres, ni même celles du Président, on l’a écarté comme fusible car « ça se voyait trop ».