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Exportation – Des planteurs de vanille étrillent la gousse

Des présidents de coopérative lors de la conférence de presse, hier.

Inquiets mais pleins d’espoir. C’est dans cette posture prudente que des présidents des coopératives des planteurs de vanille des régions Sava et Analanjirofo ont étalé leurs problèmes vécus tous les jours, devant des journalistes de la capitale, dans la salle Eiffel de l’hôtel du Louvre à Antaninarenina hier dans la matinée. Ils étaient bien encadrés par le personnel de la Coalition nationale de plaidoyer environnemental, CNPE, acquise à leur cause. Et prête à les soutenir dans leur quête d’équité commerciale.

Trois difficultés majeures ont été abordées sans concession et avec objectivité. La stabilité des prix, le calendrier cultural, et les réformes au sein des entités qui gèrent la filière. Fulgence Rajaomanaja, président de l’Union Avotra, n’y est pas allé par quatre chemins.

« Nous avons accueilli avec joie et satisfactions la décision des autorités de fixer le prix le plus bas du kilo de vanille verte à 75 000 ariary, celui de la vanille préparée à 350 000 ariary pour la campagne 2020-2021. Mais sans un décret d’application, sur le terrain, personne n’a respecté ces seuils obligatoires. Pire, les meilleurs prix parmi les profiteurs agissant sur le long de la chaîne des valeurs, ont été en dessous de ces limites. Au final, nous les planteurs ne bénéficions que de 6% des revenus générés par la vente de la vanille. C’est trop injuste. Car il fallait, pendant trois mois, inséminer, à la main, une par une, les fleurs de vanilles, une espèce d’orchidées, pour avoir des produits finis de bonne qualité. Cela exige du temps et de la patience » se plaignait-il.

Mais Fulgence Rajaomanaja, comme ses pairs, a été requinqué, encouragé par la rencontre qu’il a eue avec Edgard Razafindravahy, ministre de l’Industrialisation, du commerce et de la consommation. « En vrai raiamandreny, il nous a promis que désormais ceux qui passent outre les prix décrétés par l’État s’exposent à des poursuites pénales. Car ces prix, eu égard aux cours de la vanille sur le marché international, font gagner des marges financières importantes aux exportateurs. Il nous a aussi déclaré qu’il n’est pas notre ennemi. Et que sa philosophie de la refondation par la base cadre avec les désidérata des planteurs de vanille ». Le ministère de tutelle leur a aussi ouvert une plateforme d’échanges permanents.

Robert Miadana Totovao ajoute. « C’est la première fois dans l’histoire du pays qu’un ministre annonce la tenue du Conseil national de la vanille, CNV, dans un fokontany du district de Sambava. Il a bien compris nos attentes ».

Refonte du calendrier

Car dans leur lettre ouverte adressée aux plus hautes instances du pays, ces militants un peu délaissés, exigent que le nombre de leurs représentants au CNV, au niveau de la Commission technique mixte paritaire du CNV et parmi les membres des Comités régionaux de la vanille. Soit, instaurer un statut particulier pour les planteurs au lieu de les confondre avec les autres intervenants dans ces structures formelles. En outre, leurs suggestions insistent sur la refonte du calendrier cultural qui devrait s’adapter aux climats changeants de chaque sous région. « Dans la foulée, les dates d’ouverture de la campagne devraient être décidées à la base suivant ces paramètres. D’autant qu’il existe trois catégories de plantations : littorales, montagneuses et » tenait à souligner Jean Michel Razafindrazaka.

Corinne Rahoeliarisoa du CNPE résume le tout. « Ces écueils sont assez récurrents et répétitifs. Sans solutions adaptées aux réalités endurées par ces paysans. Ceux-ci risquent de se décourager, et chercher des échappatoires par d’autres cultures sur brûlis. Au détriment des corridors forestiers qui longent le pays du nord au sud en passant par l’’Est. Il faudra résoudre ces aléas sur les prix, ces incohérences calendaires et éliminer les commissionnaires, les démarcheurs qui travaillent souvent avec les collecteurs, les acheteurs-conditionneurs et les exportateurs pour mettre les planteurs dans une situation de précarité ».

Maurice Ranerason d’Analanjirofo a lancé un appel solennel à ses collègues pour adhérer aux coopératives afin de renforcer leur solidarité et faire face aux manœuvres spéculatives de tout bord. La voie de la réussite passerait, peut être, dans cette prise de conscience collective et coopérative.

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