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Editorial

Cochon de laid

De la viande de porc empoisonnée sur les étals de certains bouchers. C’est la triste réalité révélée par la découverte de tubes de raticide laissés par des voleurs de cochon à Ambohimalaza. Autrement dit ils ont gavé les cochons avec ce produit pour les tuer et faciliter leur forfait. Ce qui fait que la viande du porc que les voleurs vont mettre sur le marché a toutes les chances d’être empoisonnée.

Un grave danger guette ainsi les consommateurs étant donné que toutes les viandes vendues à Tana ne passent pas la visite vétérinaire. Il n’y a que les porcs et les bœufs tués dans les abattoirs agréés qui passent ce contrôle sanitaire. Or, les bouchers pullulent à tous les coins de rue dans la capitale et ses environs. D’ailleurs il y a fort à parier qu’en dehors de la ville, les viandes livrées aux consommateurs sont loin d’avoir subi un contrôle vétérinaire. Ce sont surtout les consommateurs des périphéries ou des campagnes qui s’exposent à un risque réel. Mais cela ne signifie pas que le centre ville est à l’abri de tout danger. Loin s’en faut. Certes dans les marchés reconnus comme Analakely, Mahamasina, Andravoahangy… les viandes sont presque toutes contrôlées mais il faut juste aller dans les marchés longeant les rues à Ampasika, Andohatapenaka, Isotry…. pour trouver des bouchers qui étalent les viandes à même le sol.

Il n’y a pas assez d’abattoir aux normes pour pouvoir garantir la qualité des viandes mises sur le marché. Le nombre d’abattoir est nettement insuffisant par rapport au nombre de la population. Il en va de même du nombre de vétérinaire. Il est donc clair qu’une grande partie de la viande livrée sur le marché échappe au contrôle. La situation se complique d’une année à l’autre étant donné que la consommation et les consommateurs augmentent tout comme le volume de viande consommée au quotidien alors que ni le nombre d’abattoir, ni le nombre de véto ne subit aucune augmentation.

La seule précaution que les consommateurs peuvent prendre est de n’acheter que les viandes ayant passé un contrôle et reconnues par le tampon bleu mis par le service vétérinaire. Sur les étals, aucun signe ne permet de dire qu’une viande a passé un contrôle, de distinguer une viande consommable d’un autre, d’un cochon de laid d’un cochon saqué.

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