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Non rapatriement de devise – Trois exportateurs d’or en détention préventive

L’or  ou  les  devises  doivent  être  gardés  à  la  Banque  centrale.

Une première prise dans la chasse aux non rapatriement des devises. Les gérants de trois sociétés d’exportation d’or ont été placés en détention préventive, depuis hier.

Cent milliards ariary. Une somme qui correspond au montant des devises non rapatriées par l’une des sociétés d’exportation d’or, dont le gérant a été placé sous mandat de dépôt, hier. Le couperet est tombé en début de soirée, hier. À l’issue d’une audition au parquet du Pole anti-corruption d’Antananarivo (PAC), trois gérants de trois sociétés exportatrices d’or ont été incarcérés à la maison centrale d’Antanimora. Le principal grief qui leur est imputé est le non rapatriement de devise. « La somme non rapatriée par l’une des trois sociétés avoisine les cent milliards ariary. C’est à peu près le même montant pour les deux autres entreprises », confie une source avisée.

L’une des trois sociétés dont le gérant est placé sur le banc des accusés aurait effectué jusqu’à cinquante exportations sans jamais avoir rapatrié de devise. La chasse au non rapatriement de devise a été lancée publiquement par Andry Rajoelina, président de la République, lors de son émission spéciale, le 20 mars. Il a même donné une liste d’exportateurs présumés véreux.

Sur consigne présidentielle, la traque à ces opérateurs miniers douteux est même inscrite en priorité dans la mission du Service de renseignement financier (SAMIFIN). Une mission affirmée de vive voix par le Chef de l’État à la sortie de la cérémonie de prestation de serment du nouveau directeur général du SAMIFIN, la semaine passée. Les dossiers déférés au PAC d’Antananarivo découle, toutefois, d’une enquête menée par la gendarmerie nationale.

Le vent tourne

Il n’y a pas de précision sur l’identité des trois personnes placées en détention préventive, hier. Pareillement, sur les entreprises concernées. Il est probable, toutefois, que ces sociétés figurent dans la liste rendue publique par le président de la République, le 20 mars. L’enquête suit toujours son cours, par ailleurs. D’autres opérateurs dans l’exportation aurifère, sont dans la ligne de mire des enquêteurs.

Le code de change donne quatre vingt-dix jours aux opérateurs pour rapatrier les devises issues des échanges commerciaux et les verser dans un compte national. Seulement, le taux de rapatriement aurait été insignifiant, l’année dernière. C’est ce qui aurait motivé l’État à suspendre l’exportation d’or, en octobre. La quasi-totalité des bénéfices des exportations d’or serait placée dans des comptes offshore.

Le non rapatriement de devise entraîne un manque à gagner colossal qui pourrait, cependant, faire beaucoup de bien à la valeur de l’ariary sur le Marché interbancaire de devise (MID). Pour l’année 2020, l’équivalent de trois cent quatre-vingt dix milliards d’ariary en devise n’a pas été rapatrié. Épinglés, l’enquête sur les exportateurs d’or présumés véreux ne serait, toutefois, pas simple. Une des méthodes des opérateurs pour éviter les poursuites judiciaires serait qu’ils créent une nouvelle entreprise chaque année.

Lorsqu’une procédure de poursuite est déclenchée, il est parfois trop tard puisque l’opérateur a déjà créé une nouvelle société. Les poursuites sont souvent contre des entreprises « fantômes » chuchote une source avisée. Le vent semble cependant, tourner. Il est probable que le placement en détention préventive d’hier en appelle d’autres. Au SAMIFIN, du reste, le Chef de l’État a requis l’identification et la traduction devant la justice de tous les acteurs de la chaîne du commerce illicite des ressources minières.

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  • quand un état empêche les comptes en devises sur son territoire et/ou s’octroie le privilège de les échanger en monnaie locale selon son bon plaisir, c’est normal de protéger son capital !!!