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Service – Le transport en deux roues sujet à polémique

Alternative pour éviter de se mêler aux gens en période d’état d’urgence sanitaire ou encore simplement aux embouteillages, les taxi-motos sont indésirables aux yeux de certains.

INDISPENSABLE. Les services de transport à deux roues divisent les autorités en situation d’état d’urgence sanitaire. « Il est interdit aux bicyclettes et vélomoteurs de transporter un passager », selon un document officiel de la commune urbaine d’Anta­nanarivo en date du 21 avril dernier. Cependant une autre déclaration des autorités centrales affirme la levée de cette interdiction. Les avis et opinion des usagers de ce type de locomotion restent ainsi partagés quand certains se retrouvent sanctionnés par la police municipale alors que d’autres circulent librement dans les autres zones de la capitale.

« A la base, l’interdiction avait pour objectif de faire respecter la distanciation d’un mètre entre les citoyens circulant hors de leurs domiciles. A présent avec les mesures de déconfinement progressif, les transports en commun ont repris mais ceux en deux roues sont encore interdits. Une logique que l’on n’arrive pas à comprendre », déplore un gérant de services de transport et de livraison à moto de la capitale. Ce dernier arrive à subsister avec uniquement les services de livraison depuis la période de confinement. «  Le transport de personnes constitue la majeure partie de notre chiffre d’affaire en temps normal. Certes, les demandes en livraison de marchandises ont considérablement augmenté depuis le confinement mais cela peine à couvrir nos frais de fonctionnement depuis », rajoute-t-il.

Régularisation

Happé par les évènements, le mode de consommation évolue rapidement, du moins pour ceux qui peuvent se le permettre. Avec les moyens de communication plus performants et rapides, cette mutation est encore plus palpable.

L’achat à distance est en pleine expansion, et avec lui, la livraison à domicile. Cette dernière est d’ailleurs l’une des clés de la réussite des transactions sans la présence physique de l’acheteur, ce qui a pour principal objectif de limiter les contacts humains et donc la propagation du virus.

Si l’interdiction est toujours de rigueur en zone urbaine, les communes des périphéries de la capitale font des démarches pour la normalisation des activités de ces « taxis-motos ». « Nous sommes une trentaine de scootards à être membres d’une association. Une entente entre cette association et les autorités communales a été initiée dans le but de régulariser notre activité dans la totalité de la juridiction communale. Pour ce faire nous payons des droits d’exploitation et de stationnement à la Commune. Tandis que cette dernière nous laisse pratiquer notre activité dans la légalité. Les gendarmes et policiers de la commune veillent à cette formalisation via les contrôles d’autorisation inopinés », explique Harivelo, taxi-moto d’une commune d’Atsimondrano. à l’exemple de ces communes suburbaines, la régularisation de cette activité en centre ville peut constituer de nouvelles recettes pour la capitale.