Crise - Les députés frondeurs persistent et signent


La décision de la HCC n'a pas atténué les ardeurs des députés pour le changement. La formulation des revendications connaît, toutefois, quelques changements. Statu quo. De prime abord, la décision de la Haute cour constitutionnelle (HCC), concernant le contrôle de constitutionnalité des lois électorales semble avoir galvanisé les « députés pour le changement ». Sur le parvis de l'hôtel de ville et devant les micros des journalistes, les élus de l'opposition maintiennent leur position et renchérissent leurs revendications. « C'est une première victoire pour les députés. Le gouvernement doit présenter sa démission. C'est lui qui a défendu ces textes. La lutte n'est pas pour autant finie. Ce sont des incompétents et la décision de la HCC le prouve. Ils ne sont plus dignes de confiance. Nous ne les laisserons pas organiser les élections », soutient maître Hanitra Razafimanantsoa, vice-présidente de l'Assem­blée nationale. La députée du premier arrondissement d'Antana­narivo maintient la revendication du départ volontaire et prématuré des chefs d'institution, dont le président de la République. En marge des marches pour amener les fonctionnaires à suivre leur mouvement, le député Guy Rivo Randrianarisoa exige que « le gouvernement démissionne dans les 48 heures, parce que ce sont des incompétents ». Le mouvement de la coalition des parlementaires d'opposition a eu comme déclen­cheur les contestations des lois électorales et des conditions discutables dans lesquelles elles auraient été adoptées. En ayant écarté l'essentiel des dispositions conflictuelles, plusieurs pensent que la décision de la Cour d'Ambohidahy tairait le mouvement d'Analakely. Décision déterminante Que les querelles politiques seront ramenées au sein des institutions parlementaires. Seulement, les mots dits durant la journée d'hier indiquent le contraire. Pour booster leur mouvement, « les députés pour le changement » prévoient de mener des manifestations ce jour à Antsiranana, Toamasina et Mahajanga. Sur les ondes de Radio France internationale (RFI) lundi, Hery Rajaonarimam­pianina, président de la République, a pourtant affirmé qu'il ne démissionnera pas. Invité de TvPlus Mada­gascar, hier, Rivo Rakotovao, président du Sénat, a déclaré que malgré la nouvelle déconvenue infligée par la HCC, « aucune règle n'impose que le gouvernement ou les chefs d'institution doivent démissionner ». La démission revendiquée par « les députés pour le changement » ne semble pas à l'ordre du jour du côté des tenants du pouvoir. Les meneurs des manifestations de l'Hôtel de ville, Analakely, martèlent cependant qu'ils gardent une carte légale en main : la requête en déchéance du chef de l'État, déposée devant la HCC. Le verdict de la Cour sur cette requête, plus que la décision sur le contrôle de constitutionnalité des lois électorales, pourrait être déterminant pour la suite de la bataille politique actuelle. À l'instar du député Paul Bert Rahasimanana, devant le ministère de la Commu­nication à Nanisana, la coalition des élus martèle que son mouvement n'est pas un coup d'État. Qu'il s'agit d'une démarche suivant les cadres légaux, « raison pour laquelle nous réclamons la démission du Président », explique l'élu du quatrième arrondissement de la capitale. Le député Randria­narisoa insiste sur cette légalité dans ses publications sur sa page Facebook. Encouragés par la décision de la HCC, les élus de l'opposition semblent certains qu'ils auront gain de cause dans leur requête. Comme l'a affirmé maître Razafimanantsoa, les députés n'ont pas confiance au fait que ce soit les tenants du pouvoir actuels qui organisent seuls les élections. En cas d'échec des démar­ches légales, la thèse d'une négociation pour « un gouvernement de consensus » ferait son chemin. Une nouvelle formation gouvernementale devra assurer l'intérim collégial de la Présidence, en cas de candidature du chef de l'État, et tiendra à l'écart le Sénat et l'Assemblée nationale. Une voie constitutionnelle, « en cas d'empêchement du président du Sénat ». L'épui­sement des voies légales pourrait, par ailleurs, mettre à l'épreuve la cohésion des députés. Une déconvenue devant la HCC leur imposerait de faire un choix entre le dialogue et le jusqu'au-boutisme. Garry Fabrice Ranaivoson
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