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Editorial

Cure-dents

Jusqu’où va s’arrêter la hausse des prix ? Jamais la population n’a été confrontée à une aussi dure réalité. Le prix des produits change du jour au lendemain. Chaque matin les ménagères se réveillent avec une désagréable surprise. Si ce n’est le savon, c’est le sucre sinon l’huile de table qui affiche un nouveau prix. Elles sortent en chantonnant et rentrent avec une migraine tenace.

Même le mofogasy a été passé au rouleau compresseur pour pouvoir garder son prix. Il est juste plus épais qu’un papier vélin. Les commerçants savent très bien que le pouvoir d’achat de la majorité des Malgaches ne suffit plus à joindre les deux bouts. C’est donc à eux de s’aligner sur les possibilités de leur client. Dans tous les cas il faut saluer la résilience sinon la résignation de la population face à une situation qui la dépasse. On se demande d’ailleurs comment les gens font pour survivre avec un revenu de deux dollars par jour. La pauvreté à fleur de peau se voit dans la vie de tous les jours. La consommation de viande est espacée dans le temps pour la plupart et la quantité moyenne achetée est la moitié du quart de kilo. Les bouchers ont même créé un poids correspondant exactement à cette quantité vu la demande.

Bientôt, on va compter les grains de sucre à mettre dans un café à l’allure où le prix du glucide va. On ne pourra jamais freiner une inflation. C’est peine perdue. C’est bien de plafonner les prix mais il est clair qu’on ne peut pas le faire éternellement au risque de perturber le mécanisme du marché. La seule solution reste la production au plan local de tout ce dont a besoin pour supprimer du moins réduire les importations en développant l’industrie. Quand on importe des cure-dents et des allumettes, on comprend très bien pourquoi on a des difficultés. Avec le reboisement qu’on fait depuis quarante ans on doit être le premier producteur mondial de cure-dent. C’est un marché juteux en plus. On n’oublie pas les papiers toilettes, les essuie-tout, les mouchoirs, les produits ménagers…

Bien évidemment c’est une solution à long terme mais si on ne commence pas maintenant on ne viendra jamais à bout de ce calvaire. C’est un choix délibéré à faire sinon on est condamné à disparaître de la carte du monde. Eh oui, cette inflation menace toutes les activités économiques et les emplois. La FAO craint le pire avec l’envolée du prix de l’énergie et l’explosion du prix des produits alimentaires. On n’est pas à l’abri d’une cessation de paiement comme ce qui s’était passé en Argentine en 2001.

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