Editorial

Confiscation

Des arriérés fiscaux dont le montant est juste astronomique. Quoiqu’on dise les sommes réclamées par le fisc et la douane à Claudine Razaimamonjy et Mbola Rajaonah, tous les deux en prison, dépassent le simple cadre d’un redressement fiscal normal. On a toujours réclamé la répression des délinquants fiscaux et des fraudeurs en douane pour rehausser un tant soit peu le taux de pression fiscale et de recette douanière mais de là à s’acharner sur ceux qui ont le malheur de se trouver du mauvais côté du pouvoir, cela enlève toute crédibilité à l’action qui ressemble plus à une mise à mort définitive des personnages et de leurs sociétés qu’à une sanction punitive. Une confiscation pure et simple et non pas un redressement fiscal.

Quand on réclame des arriérés fiscaux et des taxes douanières dont le montant est mille fois le chiffre d’affaires de la société, on ne sait plus quelle opération mathématique on a utilisé pour tomber sur de telles sommes. Certes, quand on se permet de se payer une Ford Mustang, c’est qu’on a de l’argent par caissons, mais un redressement fiscal doit être fait en fonction des manquements constatés, mais non pas selon le patrimoine du fautif.

Le fisc et la douane sont devenus des armes politiques redoutables depuis la deuxième République. Les arriérés fiscaux de Tiko, impayés jusqu’à maintenant sans que Ravalomanana fasse l’objet d’une mesure judiciaire ou d’une saisie, ont été utilisés par l’administration Ratsiraka pour tenter de l’empêcher à la présidentielle de 2001. À son tour Ravalomanana a utilisé les redressements fiscaux pour casser des opérateurs économiques jugés dangereux. Puis Rajaonarimampianina en a fait autant contre des opérateurs à casseroles qui ont vite fait de rallier son camp pour éviter des ennuis.

Tout cela n’a pas permis ni à l’assiette fiscale d’atteindre le seuil minimum requis ni à la recette douanière d’arriver au niveau de la moyenne en Afrique. Ce ne sont pas les arriérés de deux mauvais contribuables qui suffiront pour combler le manque à gagner.

Des délinquants fiscaux et douaniers, il en existe à foison. Certains, de notoriété publique n’ont jamais été inquiétés. On peut dresser toute une liste.

C’est bien de chasser tous ceux qui se mettent en marge de la loi, c’est mieux de faire les choses dans les règles et de ne pas mélanger les mesures prises avec des considérations politiques. Autrement, l’alternance manivelle fera les bourreaux d’aujourd’hui, les damnés de demain. Et ainsi de suite.

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