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Résidence – Des artistes braquent leurs objectifs sur Antsiranana

La photographe Emmanuelle Faure affiche au lavoir  une photo prise à cet endroit même.

Une initiative artistique allant à la rencontre des habitants de certains quartiers d’Antsiranana. Ce projet permettra également d’établir une cartographie sociale de la ville.

La photographe Emmanuelle Faure affiche au lavoir
une photo prise à cet endroit même.

L’utile et l’agréable. Pendant dix jours, du 20 février au 1er mars dernier, la capitale du Nord a abrité une résidence artistique intitulée « Regards croisés sur Diego-Suarez ». Ville chargée d’histoire et de tradition, Antsiranana n’en finit pas d’inspirer les artistes. Connue et reconnue comme étant un véritable musée à ciel ouvert, elle est également réputée pour une vie culturelle remarquablement animée.
À l’initiative de l’Alliance française d’Antsiranana, cet évènement a réuni des artistes nationaux et internationaux, issus d’horizons divers et de différents domaines artistiques. Durant ces dix jours, ils se sont immergés dans des quartiers prédéfinis de la ville d’Antsiranana, en quête d’un sujet social ou politique, d’une problématique sociétale, d’une histoire insolite, ou encore d’un personnage atypique.
De fait, « Regards croisés sur Diego » fut un temps fort durant lequel Antsiranana était devenue un sujet de réflexions. Elle a été explorée, interrogée, illustrée, remise en question et célébrée à travers le regard artistique de photographes, dessinateurs, auteurs slameurs, vidéastes, et plasticiens. Flavio Tarquinio, Denis Rion, Emmanuelle Faure, Azim Moollan, David Hardy, Viviane Rakotoarivony et Nino, respectivement venant de la France, d’Allemagne, de l’île Maurice et de Madagascar, ont sillonné des quartiers afin de préparer une exposition collective empreinte de regards croisés. Cette fois, les quartiers Lazaret-Nord, Ambohimitsinjo et Tanambao-V ont été à l’honneur. Les artistes en résidence y ont rencontré des femmes au lavoir, des coiffeurs, des associations de femmes, des élèves…
Multiples objectifs

Un instant de complicité entre artiste et habitante d’un quartier.

Prise de notes sous forme de croquis dans un quartier d’Antsiranana.

Un territoire bien délimité a été attribué à chaque artiste, et il a eu carte blanche pour produire les travaux de son choix, sans thématique imposée. Les photographes ont constitué des binômes dont l’un des membres est un photographe amateur ou un artiste débutant originaire d’Antsiranana. Par la suite, les autres artistes ont été invités à écrire, à dessiner ou à initier des créations sur l’ensemble des lieux sur lesquels ont travaillé les photographes, ainsi que sur les thématiques abordées. Pour chaque quartier proposé, une personne résidente, ou un facilitateur, a accompagné ces artistes.
« Ce projet a eu de multiples objectifs. Il s’agissait de donner un aperçu de la vie des quartiers d’Antsiranana, d’aller à la rencontre des habitants de la ville en leur donnant la parole, de générer le dialogue entre habitants d’un quartier, de créer des échanges entre les artistes, locaux ou étrangers, et les habitants des quartiers, et d’élaborer une cartographie sociale de la ville d’Antsiranana », a expliqué Olivia Morel, directrice adjointe de l’Alliance française.
Chaque journée de travaux a été systématiquement suivie d’un débriefing avec l’ensemble des artistes participants. Il fallait partager les travaux de la journée et construire ensemble une réflexion commune sur la restitution.
En fait, les restitutions dans les quartiers ont été réalisées grâce au Culturbus de l’Alliance française. C’est un annexe mobile doté d’une scène, d’un système son et lumière, d’un écran, d’un vidéoprojecteur et d’électricité afin d’être autonome dans la projection d’images, de photos ou de vidéos souhaitées, ainsi que dans
l’organisation d’un moment musical, slamé ou chanté.

Des restitutions et une exposition

Les participants à la résidence artistique,
le regard tourné vers le Pain de sucre.

L’ensemble des travaux réalisés pendant la résidence artistique ont été restitués dans chaque quartier visité, où chaque artiste a présenté son travail aux habitants. Et tout le monde a été invité à prendre la parole afin d’échanger sur les thématiques mises en avant lors de la résidence artistique.
Enfin, une exposition collective rassemblant toutes les œuvres produites durant les dix jours de résidence a été également initiée au Café de l’Alliance française, dans la soirée du vendredi dernier, en présence des habitants des quartiers. Ainsi, cette restitution finale a clôturé les «Regards croisés sur Diego-Suarez ».

 

Des lavandières un peu perplexes
en examinant leurs photos.
Les écoliers ont participé de bon cœur aux travaux des artistes.

 

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