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Cyclone – Mobilisation internationale contre Batsirai

Les militaires sont mis à contribution pour limiter les dégâts.

Branle-bas de combat à tous les niveaux pour limiter la casse face à la menace Batsirai. L’État, les responsables locaux, les entités internationales, les acteurs privés, les familles, tous sont sur le qui-vive depuis, hier.

Mobili­sation généra­le. Entre cyclone tropical intense et tempête la plus forte de la planète, les superlatifs sont utilisés pour qualifier Batsirai. La dimension du système, vue sur les images satellites est, également, effrayante. Afin d’être fin prêts et éviter autant que possible un désastre, surtout humanitaire et éviter des pertes en vie humaine, tous les acteurs sont sur le pied de guerre.

Batsirai devrait transpercer les côtes malgaches, ce jour, entre 11 heures et 17 heures. Son point d’entrée sera entre Mahanoro et Mananjary. Selon les prévisions météorologiques, le cyclone traversera la Grande île d’Est en Ouest, avant de sortir vers le canal de Mozambique, demain, en milieu de journée. Les prévisions annoncent des vents allant de 85 jusqu’à 175 kilomètres par heure, avec des rafales pouvant dépasser les 200 kilomètres par heure. Le fait que Batsirai avance lentement pourrait causer encore plus de désastre.

Sur le plan humanitaire, les estimations des conséquences du passage de Batsirai font froid dans le dos. Le Bureau national de la gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) prévoit jusqu’à cinq-cent quatre-vingt mille sinistrés, dont près de cent cinquante mille personnes qui seront déplacées dans les sites d’hébergement. Aussi, les respon­sables étatiques et locaux, les entités internationales sont sur le qui-vive depuis le début de la semaine.

Depuis lundi, les décideurs étatiques battent le pavé pour s’assurer, d’eux mêmes, que tous soit au taquet pour riposter rapidement et efficacement aux conséquences du cyclone tropical. Selon les prévisions météorologiques, la côte Est sera la plus durement touchée. Andry Rajoelina, président de la République, s’est ainsi rendu à Toamasina, lundi, notamment, pour vérifier que les consignes quant à l’anticipation des sinistres et prépositionnement de vivres, de matériels d’aide d’urgence et de sauvetage, destinés au Nord-Est, aient été suivis d’acte.

Impact important

Les mêmes mots d’ordre sont affirmés par une délégation gouvernementale dans le Sud-Est. Après des réunions de travail à Mananjary et Manakara, jeudi, la délégation conduite par Christian Ntsay, Premier ministre, était à Farafangana, hier. Le but est de s’assurer que toute l’organisation soit fin prête. La prise en charge des sinistrés auprès des centres d’hébergement, la mise en place d’un système d’aide sociale pour aider au relèvement post-sinistre et la reconstruction des dégâts matériels ont été au menu des discussions.

« Nous faisons face à un risque de crise majeur pour le pays. Aussi, il nous faut une stratégie de réponse à la mesure du danger et anticiper toutes les éventualités pour limiter autant ses fâcheuses conséquences », a martelé le général Richard Rakotonirina, ministre de la Défense nationale, durant les séances de travail dans le Sud-Est.

Du côté des Forces de défense et de sécurité (FDS), c’est également le branlebas de combat. Les éléments et le matériel de l’armée, la gendarmerie nationale et la police nationale, ainsi que le corps de protection civile et les pompiers sont déjà prépositionnés. Ils seront surtout affectés aux opérations d’urgence et opérations de sauvetage. Branle-bas de combat, également, du côté des Nations Unies (ONU).

Le cyclone Batsirai et ses éventuelles conséquences pour Madagascar a été le sujet d’un point de presse à Genève. « Les Nations Unies et ses partenaires humanitaires intensifient leurs efforts de préparation en prévision du cyclone tropical Batsirai qui devrait toucher terre à Madagascar ce week-end (…) », sont les propos de Jens Laerke, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), rapporté sur le site d’information de l’organisation mondiale.

L’information rapportée sur le site ONU Info ajoute que les organismes humanitaires onusiens s’attendent à un impact important à Madagascar, notamment, dans les zones qui se remettent encore de la tempête tropicale Ana de fin janvier. Aussi, un vol spécial en coordination avec OCHA est prévu, lundi, pour évaluer l’impact du cyclone. Il partira d’Antananarivo, passera par Ifanadiana, Nosy Varika et Mananjary.

Le site ONU Info, toujours, indique que le Programme alimentaire mondial (PAM), a prépositionné 50.000 tonnes d’aide alimentaire. La moitié à Manakara et l’autre à Toamasina. « Le but est de pouvoir fournir rapidement une aide alimentaire d’urgence à dix mille personnes, soit deux mille ménages, pendant une dizaine de jours ». Les simples citoyens, eux aussi, se sont préparés à faire face au passage de Batsirai. Les appels à quitter les zones inondables, ou encore, à renforcer les habitations et faire des provisions ont, visiblement, été entendus.

Durant la journée de off pour les écoles et les travailleurs d’hier, les coûts de marteau pour renforcer les toitures, les portes et fenêtres ont raisonné dans plusieurs quartiers de la capitale. Les marchés et supermarchés ont été pris d’assaut depuis jeudi. Des familles ont décidé, d’elles-mêmes, de rejoindre les centres d’accueil dans plusieurs régions. Dans la capitale, des sociétés d’affichage ont décidé d’enlever les affiches en bâche, afin de prévenir les effondrements des panneaux.

Le soleil des deux derniers jours a motivé des railleries chez certains citoyens. Il s’agit, pourtant, du calme avant la tempête. À Toamasina, Vatomandry, ou encore Manakara, les signes annonciateurs de Batsirai ont déjà fait leurs effets. Les habitants en bord de mer sont déjà sous l’eau.

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