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Gouvernement – Le gouvernement a la bougeotte

Le gouvernement suit à la lettre la consigne du Président d’être plus des hommes de terrain.

Des membres de la nouvelle équipe gouvernementale multiplient les descentes sur terrain ou les opérations de communication depuis sa présentation officielle. Seuls les résultats comptent, toutefois.

Tous sur le pont. Christian Ntsay, Premier ministre, en tête, la plupart des membres du gouvernement battent le terrain et multiplient les sorties médiatiques. Ministres redoublants et nouvellement nommés s’activent pour s’aligner à la consigne présidentielle qui veut des hommes et des femmes de terrain.

Lors du petit-déjeuner de presse du 20 janvier, à Iavoloha, où il a affirmé officiellement l’imminence du remaniement du gouvernement, Andry Rajoelina, président de la République, a affirmé qu’il veut voir les ministres sur terrain et non plus cloîtrés dans leur bureau. Depuis la présentation officielle de la nouvelle équipe gouvernementale, le 29 janvier, le locataire de Mahazoarivo, notamment, est sur tous les fronts.

Entre les descentes dans les régions pour voir l’étendue des dégâts causés par les intempéries du mois dernier et le suivi des mesures de prévention contre le danger épidémiologique mondial qu’est le coronavirus, le chef du gouvernement ne s’arrête pas. À chaque prise de parole durant ces descentes sur terrain ou réunion qu’il conduit, Christian Ntsay martèle les mots d’ordre que sont probité et la proactivité à l’endroit des responsables étatiques,  à tous les niveaux.

Dans le sillage du locataire de Mahazoarivo, les membres du gouvernement, particulièrement, les nouveaux venus au sein de l’équipe, essaient de démontrer qu’ils sont des hommes ou des femmes de terrain. Le contrôleur général de police Fanomezantsoa Randrianarison, ministre de la Sécurité publique, est l’un de ceux qui ne se sont pas arrêtés depuis la cérémonie de passation avec son prédécesseur.

Seul le résultat compte

Après une escapade à Antsirabe pour assister à une cérémonie militaire à l’Ecole nationale des sous-officiers de l’armée (ENSOA), suivie d’une visite à l’Ecole nationale des inspecteurs et agents de police (ENIAP), le ministre de la Sécurité publique a souligné ses priorités aux responsables de son département et ses démembrement à Antananarivo, lundi. Vahinala Raharinirina, ministre de l’Environnement, n’a pas perdu de temps.

Dès le lendemain de sa prise de fonction, celle qui est également, en charge du développement durable a profité de la célébration de la journée mondiale des zones humides au parc des oiseaux de Tsarasaotra, vendredi, pour réaffirmer les challenges de son département. À chacun leur style, les ministres tentent de s’illustrer aux yeux de l’opinion publique. C’est ainsi que Rijasoa Andriamanana, ministre de l’Education nationale, accentue sa présence sur les réseaux sociaux, en y matraquant ses défis.

Absent des radars l’année dernière, le ministère du Commerce mise, également, sur les médias sociaux pour soigner son image. Il y est largement communiqué les descentes dans les marchés par les responsables et agents du département pour surveiller les prix. Voahary Rakotovelomanantsoa, ministre de l’Eau, semble appliquer à la lettre l’expresse « l’exemple vient d’en haut », en allant elle-même récurer les canaux de Besarety, lundi. Les ministres concernés par les sinistres et le danger épidémiologique qui sont dans l’obligation d’être constamment sur le pont.

D’autres membres du gouvernement tentent de combler leur atermoiement par des interventions médiatiques, relativement maladroites. Une interview d’Irmah Naharimamy, ministre de la Population, diffusée sur le journal du soir de la télévision nationale, lundi, concernant les aides aux sinistrés, par exemple, a été mal perçue par l’opinion publique. La scène s’est déroulée dans son bureau, alors qu’en parallèle, le chef de l’État était sur le terrain à Ambatondrazaka.

Par rapport aux nouveaux venus, la plupart des ministres redoublants sont discrets depuis leur reconduction. Dans certains cas, la présence sur terrain peu servir de baromètre des performances des hauts responsables étatiques. Seulement, certains exemples récents indiquent qu’à trop en faire, quelques-uns ont perdu de vue l’essentiel. Il y en a qui ont trop misé sur le paraître, oubliant le fait que seul le résultat compte. Tant que les actions n’améliorent pas le quotidien de la population, les gesticulations seront vaines.

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  • C’est bien de bouger! Mais le plus important que ce soit à BESARETY ou sur les réseaux sociaux, c’est de s’attaquer au fond de chaque problème et d’en trouver des solutions efficaces. Espérons que ces actions « médiatisées » ne soient pas de la poudre aux yeux!