ANAKAO ATSIMO ANDREFANA - Des oiseaux endémiques « pailles-en-queue » tués


Quatre-vingt cadavres de « pailles en queue » ont été retrouvés sur l’île de Nosy ve, à Anakao. Ils ont été braconnés, selon les premières informations. Triste. Quatre -vingt oiseaux de l’espèce des « paille-en-queue » ont été tués. Leurs corps ont été retrouvés mardi dernier sur l’île de Nosy ve, un petit archipel situé à trois kilomètres de la commune rurale d’Anakao, sur le littoral sud de la région Atsimo Andrefana. Leurs cadavres ont été retrouvés éparpillés et non à un seul endroit, mais la scène macabre s’est passée un peu en retrait des lieux de passage fréquentés par les visiteurs. Selon les précisions de Gaston, maire de la commune rurale d’Anakao, les habitants ne consomment pas ces oiseaux car ils se trouvent sur une terre « tabou » et les oiseaux sont ainsi tabous. Nosy Ve abrite un lieu saint pour les pêcheurs car ils s’y rendent pour vénérer leur dieu, pour leur demander de les bénir lors de leurs périples en mer. « Les pêcheurs respectent tout ce qu’il y a sur l’île et ne détruisent ni ne volent quoi que ce soit. La chasse y est interdite, » explique le maire de la commune rurale d’Anakao. C’est une association de pêcheurs, d’ailleurs, qui a alerté le maire et les autorités locales sur le cas des pailles-en-queue retrouvés morts sur l’île. «Les oiseaux ont été chassés. Les braconniers n’ont laissé que les ailes et les plumes, et tout ce qui est charnu a été enlevé. On a ensuite découvert que les braconniers les ont grillés pour ensuite les consommer », explique le maire. Cette espèce d’oiseau protégée de couleur blanche et à queue rouge ne se trouve que sur cette île. Ces paille-en-queues s’y reproduisent depuis 1979. Les derniers chiffres parlent de 700 individus de l’espèce présents sur l'île. Tourisme En tout cas, le ministère de la Pêche et de l’économie bleue et celui de l’Environnement et du développement durable, ainsi que les forces de l’ordre, ont entamé les investigations. Une sécurisation de la zone sera organisée avec la communauté locale. Les brigades de Beheloke et de la compagnie de la gendarmerie de Toliara ont été mobilisées. Nosy ve est un site touristique qui attire des centaines de touristes par an. Il abrite de nombreux arbustes et plantes endémiques, des poissons, des papillons, d’autres espèces de la flore et de la faune et des vestiges de l’établissement français dans le temps. C’est un récif à caye qui mesure environ 4.5 km de long sur 1.8 km de large. Le site est géré par la région Atsimo Andrefana, la commune rurale d’Anakao, l’association des pêcheurs « Fimamo » et le Pôle intégré de croissance (PIC) qui a réhabilité le site en vue de la promotion du tourisme. La caye a servi de refuge aux pirates et à des commerçants au 17è siècle. Elle est devenue plus tard le site de première administration française de la côte sud-occidentale de Madagascar. Aujourd’hui, Nosy Vé attire des touristes locaux et étrangers. Pour la rejoindre, le périple passe par une heure et demie de vedette rapide pour Anakao depuis Toliara et ensuite une pirogue. Des indications et des panneaux racontant l’histoire de l'île sont très présents. Les touristes ne s’y perdent pas et accroissent leur connaissance et leur goût de l’aventure.  
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