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Forces armées – Vraie fausse mutinerie au Capsat

Le  capsat,  théâtre  d’une  vraie  mutinerie  en  2009.

Profitant d’un imbroglio sur le paiement d’une indemnité de mission, la rumeur de l’imminence d’une mutinerie a circulé au sein de l’armée. Une enquête sur les sources de ce remue-ménage est en cours.

Une rumeur. Telle est la réponse « formelle », de la part des sources au sein de l’armée et du ministère de la Défense nationale, au sujet d’une tentative de mutinerie qui se serait déroulée, le 31 décembre.

« Il ne s’agit que d’une rumeur dans le but de déstabiliser l’armée », affirment les sources. Des faits qui se sont déroulés au camp du Corps d’administration des personnes et services de l’armée de terre (CAPSAT), à Soanierana, le 31 décembre. Quelques dizaines de militaires s’y sont alors retrouvés. N’ayant pas pris à la légère la rumeur, le commandement aurait pris les dispositions nécessaires pour parer à une éventuelle mutinerie. Cependant, il se serait avéré que « ces hommes ont expliqué qu’ils étaient là pour encaisser leur indemnité de mission ».

Il a été promis aux militaires ayant pris part aux missions dans les Zones rurales prioritaires de sécurité (ZRPS), qu’ils allaient bénéficier d’une prime de mission. « L’organi­sation de la distribution de cette prime a pris un peu de retard, mais nous nous y attelons et cela devrait se faire durant ce mois de janvier », reconnait un responsable contacté. Une personne, « un adjudant-chef », selon des sources, aurait pourtant fait circuler une fausse information, selon laquelle le paiement de l’indemnité se tiendrait le 31 décembre.

« C’est cette fausse information qui a amené les quelques dizaines d’éléments à se rendre au CAPSAT », explique une des sources contactées. Une fois les militaires missionnaires réunis au CAPSAT et qu’aucun paiement n’a été fait, il y aurait, ensuite, eu une tentative de « fomenter une grève ».

Enquête

« La grève n’a pas eu lieu », rassure une source auprès du commandement de l’armée. Les responsables au sein de l’état-major de l’armée de terre auraient expliqué aux éléments présents au CAPSAT les tenants et aboutissants du temps pris pour le décaissement de la prime de mission. Une enquête a, néanmoins, été ouverte, bien que le sujet ait été clos le jourmême du 31 décembre, à Soanierana.

Le but de l’enquête sera de savoir qui est la source de la fausse information communiquée aux militaires et qui aurait intérêt à faire cela. Au sein du commandement et au niveau du ministère de la Défense nationale, la thèse « d’une tentative de déstabilisation de l’armée, mais aussi, de l’État », est prise en compte. Pour ces derniers, le fait d’avoir fait circuler une rumeur de mutinerie, mais aussi, une fausse information pour rassembler des hommes au CAPSAT et d’essayer, ensuite, d’attiser une grève « n’est pas anodin ».

Dans cet imbroglio d’information et de rumeur, les bribes d’information sur l’enquête en cours sont, également, confuses. Un courant de source affirme que « trois personnes ont été arrêtées et sont en garde à vue à la brigade de recherche de Fiadanana ». L’adjudant-chef qui aurait contacté ses camarades en ferait partie. D’autres sources attestent, cependant, qu’il n’y a eu aucune arrestation. « Il y a juste eu des personnes interrogées dans le cadre de l’enquête, mais je peux vous assurer qu’il n’y a eu aucune arrestation jusqu’ici », affirme un haut responsable militaire.

La rumeur lancée dans les rangs de l’armée intervient dans un contexte politique à fort enjeu pour l’État. En ce début d’année se tiendra l’évaluation des membres du gouvernement. Une étape qui débouchera, probablement, sur un nouveau remaniement. Il y aura, aussi,, la présentation du Plan émergence de Madagascar (PEM). Un programme d’action qui servira de tableau de bord pour les bailleurs de fonds.

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