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Education – Des fêtes amères pour une maîtresse Fram

Cette mère de famille est criblée de dettes et ne pouvait pas satisfaire sa famille durant les fêtes.

Les fêtes de Noël et du Nouvel An n’étaient que des jours ordinaires pour certaines personnes. Tel est le cas pour Fara qui n’a pas été rémunérée depuis plus de deux mois.

FARA, enseignante non fonctionnaire dans un établissement scolaire public d’un village à la périphérie de la ville d’Antananarivo et ses enfants ont pleuré à chaudes larmes, pendant le jour de Noël et du Nouvel an. Cette mère de famille n’a pas touché son salaire, depuis dix mois. Sa famille ne mange plus à sa faim. « Mes enfants ont pleuré en voyant nos voisins acheter et manger de la viande, pendant les fêtes. Chez nous, on n’a mangé que des christophines avec du riz le jour de Noël et des haricots, le Nouvel An. Je n’ai pas pu retenir mes larmes », raconte-t-elle.

Comme toute mère de famille, Fara a voulu faire plaisir à ses enfants : leur acheter des jouets et leur préparer du bon repas pendant les fêtes, mais elle a été obligée de serrer la ceinture. « Je ne peux plus me permettre de faire des crédits. Je suis criblée de dettes », rajoute-t-elle. Un natif du village s’est chargé de la rémunération de Fara et des autres enseignants non fonctionnaires de cet établissement, auparavant. Touché par un problème de santé, ce philanthrope a interrompu son aide depuis le mois de mars. Fara et ses collègues attendent, depuis le mois de novembre, la concrétisation de la promesse de l’État. L’État a promis de payer les salaires des maîtres Fram, pour cette année scolaire 2020-2021. Mais Fara est lasse d’attendre. Plus de deux mois sont passés, elle n’est toujours pas rémunérée.

Elle prévoit d’abandonner l’enseignement, en ce mois de janvier, si elle ne touchera rien, à la fin du mois. « Ce métier engloutit tout mon temps et toute mon énergie, alors que je ne gagne rien », enchainet-elle. Elle travaille de 7 heures du matin à 13 heures. Pour rejoindre son lieu de travail, elle parcourt à pied une heure et demie de route. Elle n’arrive chez elle que vers 14 heures 30, déjà fatiguée par le trajet et la faim. Arrivée à la maison, sa journée n’est pas encore terminée, elle enlève sa blouse et part dans les champs pour se concentrer sur sa deuxième activité : l’agriculture. Ses enfants l’encouragent à quitter ce poste. « Ils m’ont dit : regardes maman notre situation et tu t’obstines encore à y rester. Quittes ce travail, tu trouveras mieux à faire ! », rapporte Fara.

Cette maîtresse Fram n’est pas seule dans cette situation. Plusieurs enseignants non fonctionnaires envisageraient d’abandonner ce métier, de peur de ne pas toucher de salaires. Les procédures de paiement seraient en cours, selon une source auprès du ministère de l’Education nationale.

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