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Editorial

De Charybde en Scylla

Déception. Ceux qui attendaient des précisions sur la poursuite ou non des négociations avec le Fonds monétaire international, FMI, lors du message des vœux présidentiels, ont été plus ou moins pris à contre-pied dans leur vaine attente d’un peu plus d’éclaircie. Car il s’agit d’un passage obligé, un point de départ de la vraie relance de l’économie. Pourtant, le représentant résident du FMI, Marc Gérard, a fait une déclaration allant dans le sens du rapprochement entre les deux parties. Selon laquelle, les discussions sont ouvertes.

Sans s’opposer à une telle démarche, Richard Randriamandrato, ministre de l’Économie et des finances, premier concerné dans ces pourparlers à venir, n’a pas donné une suite concrète à cette perche tendue par Marc Gérard. La « fameuse lettre d’intention », résumant les éventuels engagements du gouvernement, à insérer dans un programme détaillé, avec du chronogramme réglé comme du papier à musique. Que cela s’appelle conditionnalités au temps de la révolution « structurelle  du début des années 80  » ou les critères de performances plus tard, il faudra faire avaler des pilules amères à la population.

Par exemple, des réajustements tarifaires de la Jirama, afin d’éviter le recours systématique à des milliards d’ariary de subvention qui n’ont jamais produit l’effet escompté sur la trésorerie toujours sous-tension de la Jirama. Il se peut aussi que l’application de la vérité des prix du carburant soit réactivée. Une tendance à la hausse serait à craindre avec la reprise progressive des activités économiques en Chine et dans les pays industrialisés qui va mettre une pression sur la demande mondiale sur le marché mondial du brut. Peut-être que le régime en place, avec quelques appréhensions sur ces possibles conséquences d’un accord-cadre avec le FMI, hésite à faire le grand saut.

Après une année de difficultés sans précédent, la popularité déjà sur le fil du rasoir des dirigeants peut s’effriter davantage par l’imposition d’autres mesures douloureuses mais salutaires. Pour le moment les aides financières obtenues du FMI, près de 333 millions de dollars, ont été dictées par l’urgence humanitaire, consécutive à la pandémie du coronavirus. Au titre de la Facilité de crédit rapide, FCR. De la même manière, la Banque mondiale et les États-Unis ont débloqué respectivement 100 millions de dollars pour sauver les victimes du kéré dans le sud.

Le plus dur reste alors à boucler pour le gouvernement de Christian Ntsay. Avoir la Facilité élargie de crédit, FEC, du FMI pour avoir les bonnes grâces des autres bailleurs de fonds.

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