Notes du passé

De nouveaux produits miniers sur le marché mondial

Pour relancer l’économie minière, à partir de 1960, le gouvernement de la première République doit tenir compte des besoins et des possibilités de Madagascar ainsi que de la situation des prospecteurs et exploitants miniers.

D’après Jean-Albert Zafi­mahova et Max R. Ridoux, la législation minière et son application y jouent un rôle primordial. De plus, une véritable action psychologique est à mener et à soutenir de manière à rétablir l’importance et la juste utilité de l’activité minière.

« En second lieu, un plan d’actions en vue d’élever les hypothèques dues à notre manque d’informations techniques, devait être arrêté. » Enfin, la mise en valeur de gîtes connus doit être activement recherchée et étudiée sous un angle nouveau. « Quitte à revoir les données des problèmes et réviser les résultats obtenus. »

Les deux experts proposent alors que le gouvernement fasse appel à des « organismes adéquats spécialisés ». L’objectif est de réaliser les points qu’ils ont soulevés en travaillant avec les techniciens malgaches.

Néanmoins, bien que son sous-sol renferme des ressources minières notables, la Grande île est loin d’être un pays à économie minière prépondérante. En 1958, le rapport de la production minière au revenu national est inférieur à 1%, tandis que la production par habitant est de 0,65 dollar américain soit 5,76 dollars américains par kilomètre carré.

Cet état de choses est dû principalement au fait qu’on y exploite des substances à une forte valeur unitaire, certes, mais dont les productions n’ont qu’une « faible influence dans la production minière mondiale ». « On peut espérer néanmoins que, dans un avenir assez proche, certains produits nouveaux apporteront un renouveau aux productions minières malgaches. »

Ainsi, aux produits connus et travaillés traditionnellement, comme l’or- en plein déclin depuis de nombreuses années-, le graphite et le mica, des produits nouveaux viennent s’ajouter depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

À commencer par le béryl industriel, dont la production en 1949 n’a été que de 27 tonnes, pour atteindre en 1960 presque 640 tonnes.

Le quartz piézo-électrique est passé de 3,5 tonnes en 1949 à 18,8 tonnes en 1954. « Malheureu­sement en 1960, la production est retombée à son niveau de 1949, avec 3,9 tonnes. »

L’uranothorianite, découverte en 1953 et dont l’exploitation évolue rapidement, occupe en 1960 « un des tout premiers rangs » dans l’échelle des valeurs des productions et exportations minières malgaches.
La monazite, dont les gisements importants (sables noirs des plages) sont découverts en 1954, fait l’objet d’essais d’exploitation industrielle.

Cependant, l’étroitesse des débouchés actuels ne permet pas d’envisager, du moins immédiatement, l’extension rapide de cette exploitation.

« Sauf l’or, dont la production contrôlée n’a cessé de décroître depuis 1934 pour atteindre le chiffre de 8,5 kilos en 1960, les produits miniers extraits du sous-sol malgache sont tous destinés à l’exportation. »

Trois produits- uranothorianite, graphite et mica- totalisent en valeur 90% des exportations minières, à raison de 30% chacun. Un quatrième produit, le béryl industriel, occupe en 1960 la première place parmi les autres minéraux extraits et exportés.

En ce qui concerne les valeurs FOB des exportations annuelles, la progression est constante :
429 millions de francs CFA en 1949 à plus de 1 107 millions en 1960.

En 1958, une régression nette des exportations qui affecte surtout celle des graphites, est remarquée. Mais l’année suivante, une reprise sensible est enregistrée, due à une augmentation de plus de 40% de la valeur FOB des exportations des micas.

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