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Travaux publics – Les entreprises de construction dans de beaux draps

Des  travaux  de  construction  de  routes  achevés  en  2020  restent  impayés  par  l’État.

Plus de deux cents entreprises de construction de routes et de travaux publics ne sont pas payées par l’État depuis 2020. Tous les travaux de 2021 sont aussi suspendus depuis une note signée par le secrétaire exécutif du Fonds routier le 27 octobre dernier. «… Vous êtes informés de la suspension de tous travaux sous financement du Fonds routier…. » souligne la note. Les entrepreneurs de travaux publics crient leur désarroi depuis près d’un an. Mais leurs demandes restent sans réponse.

Hier encore, ces entreprises ont mené une réunion afin de trouver une certaine approche de résolution à leur problème. Deux cent trente entreprises sont concernées alors que les travaux sont achevés et déjà réceptionnés en 2020. « L’État nous doit 33 milliards d’ariary. Cela concerne des travaux de cantonnage, 20 millions d’ariary par entreprise pour des travaux secondaires et des travaux d’ouvrages vont jusqu’à 200 millions d’ariary par entreprise » révèle un représentant de ces entreprises de construction.

« On nous a informés au début que l’État procède à un assainissement des travaux fictifs. Mais cela ne doit pas prendre aussi longtemps car tout est vérifiable auprès des directions régionales des travaux publics qui détiennent des PV » ajoute-t-il.

Engagées

« Beaucoup d’entre nous sont emprisonnés pour cause de chèques sans provision, car presque toutes les entreprises ont recours aux financements bancaires pour avancer des travaux. D’autres sont alités pour cause de maladie vasculaire cérébral tellement la tension est pesante. Sans parler de ceux qui ont vendu des propriétés, des terrains, des rizières, des maisons » raconte la source. Ils disent avoir frappé à la porte du Fonds routier qui leur assure que leur chèque se trouve déjà au niveau du Trésor public. Mais le paiement attend encore le feu vert de la Primature pour être engagé.

Les entrepreneurs sont alors allés au palais de Mahazoarivo. Finalement, il leur a été indiqué que c’est le président de la République qui est le dernier décideur du paiement. Par ailleurs, les problèmes s’accumulent avec la note du Fonds routier du 27 octobre dernier, qui demande l’annulation des marchés et des dossiers d’appel d’offres, d’arrêter les travaux commencés et de ne pas utiliser le Devis d’emploi pour le fonctionnement relatif au contrôle de surveillance des travaux. Des entreprises en bonne capacité financière ont pourtant déjà répondu aux appels d’offres du 30 juin dernier et des notifications pour les entreprises attribuées le 8 octobre dernier. « Ces entreprises ont déjà activé des engagements de dépenses. Alors que le Fonds routier et le ministère des Travaux publics demandent soudainement d’arrêter. C’est à n’y rien comprendre » regrette l’entrepreneur.

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  • Pour éviter ce genre de situation, il existerait une solution, la création d’un organisme civil neutre, indépendant, chargé de contrôler l’usage des fonds, quel que soit le récipiendaire, une mesure démocratique forte, exemplaire et salutaire.
    Toute ombre planant sur l’existence ou le détournement de ces derniers causera toujours de légitimes interrogations, la transparence devrait être totale et inopposable.