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Editorial

À vos masques

On s’y attendait. Il a fallu l’arrivée du premier avion lors de la réouverture des frontières pour que la Covid-19 resurgisse. Vingt-deux cas importés ont été répertoriés à Morondava. Autrement dit on est revenu plus d’un an en arrière lorsque les premiers cas de coronavirus ont été décelés après le dernier vol international avant la fermeture des frontières. On se souvient de la panique générale de la population face à cette nouvelle. Les pharmacies faisaient l’objet d’une ruée pour se fournir en vitamine C, en paracétamol, en masque, en huiles essentielles. Les citrons, gingembres, l’ail sont pris d’assaut et leur prix ont atteint des sommets faramineux. On comptait les nouveaux cas tous les jours. Toutes les activités étaient suspendues, la circulation réduite. L’ouverture des marchés a été réglementée. Les restaurants et hôtels ont été fermés.

Le rendez-vous le plus suivi à la télé pendant plusieurs mois était la présentation du bilan par la professeure Vololontiana Hanta Marie Danielle tous les soirs. L’Institut pasteur a fait l’objet d’une enquête pour avoir annoncé soixante-quatre nouveaux cas, jugés excessifs, au mois de mai. Le premier mort faisait trembler tout le monde. Il sera suivi par beaucoup d’autres dont la plupart étaient jugés avoir une faculté de résistance face à la maladie. Mais des célébrités, des gens costauds, des médecins, des militaires… ont succombé à cette maladie dont la forme grave est souvent fatale dans la plupart des cas. Un véritable calvaire qui allait durer plusieurs mois.

Une petite accalmie vers la fin de l’année 2020 a été mise à profit pour organiser des concerts internationaux ainsi qu’un match des Barea à Toamasina. Une grande foule a été rameutée par les deux événements comme si la Covid-19 était déjà derrière nous. Grosse erreur.

Quelques semaines après, le coronavirus a repris de plus belle. Les nouveaux cas ont augmenté à une vitesse fulgurante. Les hôpitaux ont été très vite débordés. Les concentrateurs d’oxygène étaient insuffisants. La capacité des centres de traitement de la Covid-19 était très vite dépassée. Des malades ont succombé faute de place dans les hôpitaux. Une véritable hécatombe qui a décimé beaucoup de famille.

Mais on a visiblement la mémoire courte. Avec vingt-deux cas, il y a de quoi prendre immédiatement les mesures de prévention et de protection qui s’imposent. Des barrières sanitaires et des barrières routières auraient dû déjà être déployées autour de Morondava. La ville du Menabe devrait être isolée pour limiter les dégâts.

La situation va certainement empirer avec la continuité des vols régionaux et internationaux. La détection de ces nouveaux cas dont la nature reste à déterminer prouve qu’il n’existe pas une protection absolue. Que les vaccins n’assurent pas une immunité éternelle et que des gens testés négatifs au départ de leur voyage deviennent positifs à leur arrivée. De deux choses l’une. Soit les tests ne sont pas fiables, soit les victimes n’ont pas respecté toutes les procédures imposées.

Comme il fallait choisir entre l’économie, le tourisme et la santé, l’État a dû faire la part du feu en décidant la réouverture des frontières pour sauver ce qui reste de l’industrie aéronautique et touristique, il faut faire avec. Le ver… us est désormais dans le fruit, il va falloir le manger cru. Le seul conseil que l’on puisse faire au peu de gens réceptifs qui tiennent à leurs amis et proches c’est à vos masques.

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