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TRANSITION ÉNERGÉTIQUE – Quelle sera la part du solaire ?

Inauguration de la centrale solaire de Vohémar par le Président Andry Rajoelina le 9 septembre dernier.

Avec toutes ses régions bénéficiant de plus de 2 800 heures d’ensoleillement annuel, la Grande île a tout pour développer le solaire qui représente une capacité de 2 000 kWh/m²/an. Un potentiel sur lequel l’État compte dans son objectif de fournir un accès à l’énergie à 70 % des ménages d’ici 2030.

Le gouvernement rappelle souvent que la politique énergétique pour les années à venir répond à plusieurs urgences d’ordre économique, social et environnemental. Une orientation qui soutient la transition vers du mix énergétique pour l’électricité et l’éclairage qui comprendra 80% de ressources renouvelables. Pour atteindre le but de fournir de l’électricité à plus de deux tiers de la population, le pays doit produire 7 900 GWh d’ici au plus tard 8 ans, précise-t-on du côté du ministère en charge de l’énergie.

Pour y parvenir, les autorités veulent parier fortement sur le solaire et ne comptent pas s’appuyer uniquement sur les financements publics. « Il faut un mécanisme financier innovant pour relayer l’État », indique-t-on avant de souligner qu’afin de compléter les fonds publics pour financer un chantier de centrales solaires à grande échelle, il est indispensable d’impliquer les investisseurs privés. Pour cela, les responsables misent l’appui des institutions comme la Société financière internationale (IFC), filiale du Groupe de la Banque Mondiale dédiée au secteur privé, qui accompagne depuis plusieurs années le gouvernement à dans le développement du mécanisme de partenariat public-privé (PPP).

Ainsi, rappel est fait, à titre d’exemple, de la mise en orbite de l’initiative Scaling Solar à travers la signature avec l’IFC d’un accord avec le gouvernement malgache pour concevoir une centrale d’environ 25 MW. Et selon un spécialiste du secteur énergétique, ce projet a été une source d’inspiration pour la conception et la réalisation de nombreux autres projets solaires de différentes tailles ces dernières années.

À l’heure de l’hybridation

Madagascar qui a été le cinquième pays d’appel d’offres de Scaling Solar en Afrique, après les appels lancés en Zambie, au Sénégal ou encore en Éthiopie. Mais ce même spécialiste évoque aussi les exigences de stockage de l’énergie solaire, par le couplage des centrales avec des batteries.

Plus d’une centaine d’entreprises de 28 pays différents ont montré leur intérêt pour le projet. Au final, six entreprises et groupements ont été retenus pour participer à l’appel d’offres et disposer des études de faisabilité fournies par l’IFC pour développer leur offre technique et rechercher de partenaires financiers. Cette dernière étape a été également facilitée par les garanties d’investissement et les outils de rehaussement de crédit octroyés par la Banque Mondiale et par l’Agence multilatérale de garantie des investissement (MIGA), qui offre certaines protections, notamment contre les risques non commerciaux (politiques, de conflits d’expropriation etc.)

Pour l’instant, avec la réalisation programmée des grands projets de barrage à Volobe, Ranomafana, Antetezambato ou encore Sahofika, la Grande Ile espère augmenter de manière significative – jusqu’à dépasser le millier de mégawatts – ses futures productions énergétiques d’origine hydraulique. Mais en attendant que les infrastructures soient opérationnelles, le pays opte pour l’hybridation avec le solaire. La démarche concerne, à ce jour, 45 sites dont la mise en service de l’ensemble est attendue dans les prochains mois, d’après les déclarations de la société nationale d’eau et d’électricité, Jirama. Plusieurs projets d’hybridation ont déjà été inaugurés à l’instar de la centrale de Kimony dans la commune de Bemanonga, Morondava. Fruit de la collaboration avec la société Green Energy Solutions (GES), cette infrastructure a une capacité de production de 3MW avec, pour cette première phase, une production de 1,4 MW. Elle profite à plus de 50 000 ménages en fournissant 80 000kWh d’électricité par mois à la population.

Plus récemment, le 9 septembre dernier, c’est celle de Vohémar qui a été inaugurée par le Président Andry Rajoelina. Notons, enfin, que le « Forum de l’Electrification Rurale à Madagascar » organisé l’année dernière dans l’optique de promouvoir les investissements dans le sous-secteur de l’électrification rurale à partir d’énergies renouvelables à Madagascar a souligné l’importance de donner une place de choix au solaire. Les assises ont permis notamment de faire participer des fonds d’investissement encore peu ou pas présent à Madagascar et d’offrir l’opportunité à des opérateurs locaux d’échanger avec eux. Si le solaire ne représente jusqu’ici que moins de 20% des énergies produites, certains soutiennent que cette part passera à plus de 50% d’ici la prochaine décennie.

1 commentaire

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  • et pendant ce temps là , on continue à avoir des delestages ……….donc moins de travail donc moins CA donc moins d’impots à récolter pour les caisses de l Etat!
    Ce n’est pas de la rêverie populiste mais de la simple réalité économique !!