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Editorial

Auto Dafé

Défaite amère mais prévisible des Barea. Dès la publication tardive de la liste des sélectionnés à l’insuffisance de la préparation en passant par l’accrochage entre l’État et la FMF, les sorties mondaines des joueurs en pleine mise au vert, la petite forme de beaucoup de joueurs à court de compétition, tout était réuni pour que les Barea échouent. Ce n’est pas la meilleure condition pour faire une performance. Autant on a fait des efforts inouïs pour refaire le stade, pour faire venir les joueurs, pour faire venir Samuel Eto’o, pour admettre le public au stade, autant on ne fait pas attention à certains détails dont les conséquences se paient cash.

Et bien évidemment et fort logiquement on tire sur l’entraîneur à défaut de pouvoir descendre le président de la FMF, comme c’est souvent le cas. Il est vrai qu’on attendait du nouvel entraîneur des changements, des surprises, des trucs osés. Il n’en fut rien. Si on a changé d’entraîneur, c’est pour avoir de meilleur résultat. L’ancien a été incapable de marquer un but pour qualifier les Barea à une deuxième phase finale consécutive de la Can. Il a donc préféré reprendre presque les mêmes joueurs et recommencer au lieu de changer et mourir avec ses idées . Mal lui en prit mais on ne peut pas tellement lui en vouloir. Comme il a repris des joueurs qu’il n’a jamais vu jouer dans un vrai match, il lui était difficile de choisir les joueurs qu’il faut à la place qu’il faut. Eric Rabesandratana était obligé de jouer la prudence et préférait ne pas perdre au lieu d’essayer de gagner en mettant trois milieux défensifs dans l’entre jeu, en alignant un mauvais attaquant, en procédant aux remplacements tardivement alors que les Barea n’avaient adressé le moindre tir en première période.

On savait que ce premier match était à la fois le premier test pour l’ancien capitaine du Paris Saint-Germain. Il découvrait ses joueurs. Les « connaisseurs » ont eu beau réclamer la rentrée de Dafé, stratège de l’entre jeu qui a fait ses preuves dans le passé mais qui n’a plus été sélectionné depuis cinq ans. Ni Eric Rabe ni son prédécesseur n’avaient vu jouer Dafe pour pouvoir l’aligner. C’est d’autant plus difficile que Dafé n’avait pas rejoint le premier regroupement. Mais il est vrai que Dafé aurait pu apporter sa contribution dans l’animation offensive, carence principale de l’équipe depuis les éliminatoires de la Can.

Maintenant, Eric Rabe n’a plus le choix. Il faut qu’il joue quitte ou double. S’entêter avec un système inefficace n’a aucun sens. Le prochain adversaire, la Tanzanie n’est pas le premier venu. Le match a lieu dans quatre jours. Il faut tenir un miracle. Pour forcer le destin, il ne faut pas se priver d’un auto Dafé.

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