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Editorial

Tout sucre tout miel

Un miracle. C’est le moins que l’on puisse dire à Maromamy où le sucre retrouve sa place naturelle avec la réouverture de l’usine sucrière, l’ancienne Sirama renommée SASM. Abandonnée puis laissée à la ruine et à la rouille, l’usine a été reprise par la compagnie Vidzar qui s’est investie dans la remise sur pied d’un monstre hideux.

La production de sucre a été un des moteurs de l’économie depuis la première République avec une chaîne d’usine de la défunte Sosumav, société sucrière de la Mahavavy à Maromamy, Namakia, Nosy Be et Ambilobe. À l’époque on avait toute une gamme de produits allant du sucre blanc, roux au sucre glace en passant par le sucre en brique qu‘on achète aujourd’hui à prix d’or.

Elles ont été nationalisées pendant la seconde République et rebaptisées Sirama. La Siranala de Morondava est venue les renforcer. Comme toutes les sociétés d’État de l’époque mal gérées et victimes de détournements de fonds, elles finissent par péricliter avant de rendre l’âme les unes après les autres. Poumon économique de toute une région avec des centaines d’emplois directs et des milliers d’emplois indirects, leur fermeture a causé chômage et pauvreté extrême dans les endroits où elles étaient implantées et une importation massive de sucre pour le pays. Le sucre fait pourtant partie des produits concernés par l’Accord de partenariat économique avec l’Union Européenne depuis plusieurs années mais comme on n’a aucune production ou presque après le saccage de la Siranala en 2015, on ne profite pas de cet avantage. On comprend mieux pourquoi la balance commerciale est pour longtemps encore déficitaire. Tant qu’on ne produit pas la plupart des biens dont a on besoin, le pays dépendra toujours de l’extérieur et l’économie ne pourra jamais décoller en dépit des aides financières des bailleurs de fonds. La création d’entreprise et par extension la création d’emplois restent la clé du développement. La décentralisation restera un mot si chaque région ne peut pas créer de l’emploi pour ses jeunes, pour ses diplômés.

La réouverture de l’ancienne Sirama de Brickaville est ainsi porteur d’espoir et vient contrecarrer la fermeture d’autres usines pour raisons fiscales. Il faut remettre sur les rails toutes les unités industrielles qui ont existé à l’image de la Sotema, du Hasyma, du Sumatex, du Kafema, de la Secren… qui ont fait tourner l’économie tout en donnant des emplois à la population. L’insécurité grandissante et le taux de criminalité record tirent leur origine dans l’oisiveté générale de la population.

Mais il faut bien évidemment trouver des partenaires locaux ou étrangers et faciliter leur implantation. La compagnie Vidzar a sué sang et eau pour arriver à relancer l’usine de Maromamy avec d’énormes difficultés juridico-politiques qui ont d’ailleurs retardé la réouverture de cette unité sucrière. C’est également le cas à Nosy Be où des énergumènes ont vendu les concessions de la société. Or, il faut de grands et de vrais investisseurs pour relancer le développement. La sécurité des investissements, la fiabilité du système judiciaire, l’indépendance énergétique, la stabilité politique ainsi que d’autres facteurs constituent ainsi des conditions sine qua non pour l’implantation de grandes unités industrielles comme Ambatovy dont l’arrêt se fait sentir actuellement dans l’économie.

L’espoir est de retour et Maromamy n’a jamais été aussi tout sucre tout miel.

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  • Une entreprise qui s’est sucrée en promouvant l’alcoolisme des malagasy va produire du sucre et va pouvoir également vendre plus de produits alcooliques. Drôle de cercle.

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