Editorial

Prison XXXL

Détournement de deniers publics, fraudes douanières, fraudes fiscales, ventes illicites de terrains domaniaux ou communaux, corruptions électorales…Les établissements publics comme les organismes privés sont concernés à l’image de la Croix rouge ou de Gavi. Il n’y aurait donc que des voleurs partout.

À l’allure où vont la mise en détention préventive des prétendus auteurs de détournements de fonds, il va falloir investir vite dans la construction de nouvelles prisons. Quand le Premier ministre l’avait annoncé lors de la présentation du Programme Général de l’état à l’Assemblee nationale, certains se sont insurgés arguant que cela ne devrait pas être une priorité. Christian ntsay savait en fait de quoi il parlait. Il va falloir construire des prisons XXXL avec cette forte et subite demande. Le tourisme carcéral semble bien marcher ces temps ci. Seulement, les condamnations vont très vite qu’on risque de devoir mettre les coupables dans une prison sans toit ni loi. Le Pole AntiCorruption enfilent les emprisonnements comme des perles. reste à savoir si tous les prévenus sont coupables. Pour le moment, la plupart des prévenus sont des exécutants qui n’auraient pas pu signer quoi que ce soit sans l’autorisation de leur chef hiérarchique. un DG est sous l’ordre d’un ministre, un chef de service subordonné à son directeur. or, jusqu’ici aucun ministre n’a été inquiété à cause de leur statut étant donné qu’ils ne sont justiciables que devant la Haute Cour de Justice. Comme les procédures sont longues et compliquées, les ministres peuvent être tranquilles.

On comprend donc mieux maintenant pourquoi l’immobilier a le vent en poupe, pourquoi les ventes de voitures neuves ou d’occasion n’ont jamais été aussi florissantes alors que la pauvreté grignote davantage de terrain d’un jour à l’autre. une situation paradoxale où l’extrême pauvreté cohabite avec le summum de l’opulence sans la moindre gêne telle une provocation.

On comprend mieux pourquoi l’économie n’arrive pas à décoller, pourquoi l’état est incapable de satisfaire les besoins basiques de la population et d’autofinancer ses projets de développement. Si toutes ces sommes faramineuses ne sont pas détournées, on pourra se passer vraiment des bailleurs de fonds. Il suffit donc d’être à cheval sur la bonne gouvernance, de faire travailler tous les organes de contrôle des, finances publiques comme le contrôle financier, l’inspection d’état, la Chambre des comptes.

On voit bien qu’il y a mieux à faire que de perdre du temps à pinailler sur le statut de l’opposition, à s’accrocher sur la mission d’un hélicoptère. Vaut mieux se consacrer sur les vrais enjeux du développement sinon nous risquons de nous enliser davantage dans les abysses de la pauvreté. même si les conditions carcérales font partie des indices de développement.

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