James Hastie négocia avec Radama et ses conseillers les termes du traité qui fut signé le 23 octobre 1817. L’ancien directeur des archives nationales Jean Valette évoque «Le traité conclu entre Radama 1er et Lesage le 4 février 1817» (Revue française d’histoire d’outre-mer, année 1974, volume 61, n°225, pp. 572-578). Mais, c’est bien le traité d’octobre 1817, aujourd’hui bicentenaire, qui conféra le titre de «Roi de Madagascar» à Radama : «reconnaissance juridique par une grande puissance d’un état de chose encore assez théorique» (Jean Valette, Études sur le règne de Radama 1er, Imprimerie Nationale, 1962, p.11), mais qui servira de fait accompli diplomatique que les souverains merina opposèrent régulièrement aux prétentions coloniales de la France et que consacrera, assez paradoxalement, le traité de protectorat du 17 décembre 1885 dont l’article 12 reconnaît implicitement la juridiction ancienne sur l’île de la monarchie d’Antananarivo. Son intérimaire Hall ne s’étant pas acquitté des obligations britanniques, à son retour, le Gouverneur Farquhar envoya une nouvelle fois James Hastie négocier avec Radama. Un additif au traité sera signé le 11 octobre 1820, spécifiant cette fois l’envoi en Imerina d’instructeurs militaires (le capitaine Lesage fut envoyé en Imerina, en décembre 1816, avec une petite troupe de 30 soldats faire une démonstration devant Radama : nombre de soldats périrent du paludisme mais Lesage put revenir à l’île Maurice en février 1817, tandis que le sergent Brady demeurait à Antananarivo ; cf. Jean Valette, «La mission du capitaine Lesage auprès de Radama 1er (novembre 1816-avril 1817)», Bulletin de Madagascar, n°275, avril 1969, pp.315-388 ; n°277-278, juin-juillet 1969, pp.505-539 ; n°279, août 1969, pp.693-696) et d’artisans (en 1822, arrivèrent le charpentier Brooks, le forgeron Chick, le tisserand Rowlands, le tanneur Canham, le filateur Cumings, le peintre Coppalle) assorti de l’accueil à l’île Maurice de stagiaires malgaches : c’est dans le cadre de cette deuxième convention qu’en 1821, partirent étudier en Angleterre le groupe conduit par le prince Ratefinanahary et son secrétaire antemoro Andriamahazonoro, parmi lesquels se trouvaient les jumeaux Rahaniraka et Raombana (de retour au pays en 1829). Parmi les missionnaires-artisans de la London Missionary Society, signalons James Cameron James Cameron : né le 6 janvier 1800, en Écosse, arriva à Antananarivo, le 6 septembre 1826 pour en partir le 18 juin 1835, après la proclamation de l’édit de Ranavalona interdisant le christianisme, le 1er mars 1835. James Cameron sera de retour à Antananarivo le 7 septembre 1863. Il y mourut le 3 octobre 1875 et repose dans le cimetière missionnaire d’Ambatonakanga : «Charpentier de formation, il se révéla doué pour de nombreuses autres activités : le travail de la pierre, l’hydraulique (le lac Anosy), la fabrication de poudre et l’imprimerie (...) James Cameron aurait été le premier à introduire la fabrication de briques (crues) à Madagascar en 1829» (cf. Didier Nativel, Maisons royales, demeures des grands à Madagascar, Karthala, 2005, pp.76-77). Farquhar quitta définitivement l’île Maurice le 20 mai 1823. James Hastie mourut en terre malgache le 18 octobre 1826. Radama «tourna le dos», le 28 juillet 1828. Mais, leur oeuvre commune leur a survécu : la fixation de la langue, gravée dans la Bible en malgache (1835) et l’exception diplomatique malgache, «un État comme vous l’étiez» (avant 1895), comme dira de Gaulle, le 22 août 1958, à Mahamasina. Post-Sriptum : Les Britanniques étaient, pour ainsi dire, en mission officielle. Mais, des Français, à titre privé, étaient également à l’oeuvre : un métis réunionnais Carvaille aurait initié des ouvriers à la ferblanterie ; un autre, Mario, aurait enseigné l’art de manier l’aiguille ; instruit par Robin, arrivé en 1817, Radama nous a laissé ses fameux «cahiers» d’apprentissage du français (conservés à l’île Maurice) ; Louis Gros, arrivé en 1819, forma charpentiers, menuisiers et ébenistes, et construisit pour le roi le «palais de Soanierana». Par Nasolo-Valiavo Andriamihaja
James Hastie négocia avec Radama et ses conseillers les termes du traité qui fut signé le 23 octobre 1817. L’ancien directeur des archives nationales Jean Valette évoque «Le traité conclu entre Radama 1er et Lesage le 4 février 1817» (Revue française d’histoire d’outre-mer, année 1974, volume 61, n°225, pp. 572-578). Mais, c’est bien le traité d’octobre 1817, aujourd’hui bicentenaire, qui conféra le titre de «Roi de Madagascar» à Radama : «reconnaissance juridique par une grande puissance d’un état de chose encore assez théorique» (Jean Valette, Études sur le règne de Radama 1er, Imprimerie Nationale, 1962, p.11), mais qui servira de fait accompli diplomatique que les souverains merina opposèrent régulièrement aux prétentions coloniales de la France et que consacrera, assez paradoxalement, le traité de protectorat du 17 décembre 1885 dont l’article 12 reconnaît implicitement la juridiction ancienne sur l’île de la monarchie d’Antananarivo. Son intérimaire Hall ne s’étant pas acquitté des obligations britanniques, à son retour, le Gouverneur Farquhar envoya une nouvelle fois James Hastie négocier avec Radama. Un additif au traité sera signé le 11 octobre 1820, spécifiant cette fois l’envoi en Imerina d’instructeurs militaires (le capitaine Lesage fut envoyé en Imerina, en décembre 1816, avec une petite troupe de 30 soldats faire une démonstration devant Radama : nombre de soldats périrent du paludisme mais Lesage put revenir à l’île Maurice en février 1817, tandis que le sergent Brady demeurait à Antananarivo ; cf. Jean Valette, «La mission du capitaine Lesage auprès de Radama 1er (novembre 1816-avril 1817)», Bulletin de Madagascar, n°275, avril 1969, pp.315-388 ; n°277-278, juin-juillet 1969, pp.505-539 ; n°279, août 1969, pp.693-696) et d’artisans (en 1822, arrivèrent le charpentier Brooks, le forgeron Chick, le tisserand Rowlands, le tanneur Canham, le filateur Cumings, le peintre Coppalle) assorti de l’accueil à l’île Maurice de stagiaires malgaches : c’est dans le cadre de cette deuxième convention qu’en 1821, partirent étudier en Angleterre le groupe conduit par le prince Ratefinanahary et son secrétaire antemoro Andriamahazonoro, parmi lesquels se trouvaient les jumeaux Rahaniraka et Raombana (de retour au pays en 1829). Parmi les missionnaires-artisans de la London Missionary Society, signalons James Cameron James Cameron : né le 6 janvier 1800, en Écosse, arriva à Antananarivo, le 6 septembre 1826 pour en partir le 18 juin 1835, après la proclamation de l’édit de Ranavalona interdisant le christianisme, le 1er mars 1835. James Cameron sera de retour à Antananarivo le 7 septembre 1863. Il y mourut le 3 octobre 1875 et repose dans le cimetière missionnaire d’Ambatonakanga : «Charpentier de formation, il se révéla doué pour de nombreuses autres activités : le travail de la pierre, l’hydraulique (le lac Anosy), la fabrication de poudre et l’imprimerie (...) James Cameron aurait été le premier à introduire la fabrication de briques (crues) à Madagascar en 1829» (cf. Didier Nativel, Maisons royales, demeures des grands à Madagascar, Karthala, 2005, pp.76-77). Farquhar quitta définitivement l’île Maurice le 20 mai 1823. James Hastie mourut en terre malgache le 18 octobre 1826. Radama «tourna le dos», le 28 juillet 1828. Mais, leur oeuvre commune leur a survécu : la fixation de la langue, gravée dans la Bible en malgache (1835) et l’exception diplomatique malgache, «un État comme vous l’étiez» (avant 1895), comme dira de Gaulle, le 22 août 1958, à Mahamasina. Post-Sriptum : Les Britanniques étaient, pour ainsi dire, en mission officielle. Mais, des Français, à titre privé, étaient également à l’oeuvre : un métis réunionnais Carvaille aurait initié des ouvriers à la ferblanterie ; un autre, Mario, aurait enseigné l’art de manier l’aiguille ; instruit par Robin, arrivé en 1817, Radama nous a laissé ses fameux «cahiers» d’apprentissage du français (conservés à l’île Maurice) ; Louis Gros, arrivé en 1819, forma charpentiers, menuisiers et ébenistes, et construisit pour le roi le «palais de Soanierana». Par Nasolo-Valiavo Andriamihaja