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Systèmes alimentaires – Vers une résilience renforcée

Le PRSA priorise la productivité et la résilience de la production alimentaire.

La Grande île va bénéficier d’une enveloppe conséquente pour renforcer significativement la résilience de ses systèmes alimentaires et transformer son économie agricole.

L’ACCORD de financement du Projet de Résilience des Systèmes Ali­mentaires de Madagascar (PRSA), d’un montant de 158,1 millions de dollars, a été signé dernièrement entre l’Association Internationale de Développement (IDA) de la Banque Mondiale, représen­tée par Boutheina Guermazi, Directeur de l’Intégration Régionale en Afrique et le gouvernement malgache, représenté par la ministre de l’Economie et des Finances, Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison.

Selon le ministère de l’Economie et des Finances (MEF), les systèmes alimentaires de Madagascar sont fragiles e t soumis à des tensions croissantes. À ce jour, 7,7 millions de Malgaches souffrent d’une consom­mation alimentaire insuffisante contre 6,3 millions en mars 2022. Cette fragilité est aggravée par les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19. La guerre en Ukraine a également provoqué des perturbations sur les marchés mondiaux de l’alimentation et de l’énergie, ce qui a encore fait grimper les prix déjà élevés des produits agricoles e t des carburants.

D’où l’importance de ce projet qui, selon toujours les explications données, a pour objectif premier de disposer de systèmes alimentaires renforcées et de permettre au pays d’être mieux préparé pour faire face à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Ainsi, la productivité et la résilience de la production alimentaire face aux chocs et aux facteurs de stress sont les volets priorisés par ce financement.

Il s’agira également de promouvoir une planification participative et une gestion communautaire plus durable des ressources naturelles et des infrastructures d’irrigation dans le but d’atténuer ou d’inverser les effets néfastes du changement climatique. Le projet favorisera l’inclusion des petits exploitants agricoles et des communautés rurales dans les chaînes de valeur agricole et des marchés alimentaires plus performants.

Le projet, d’après les estimations effectuées par les techniciens, touchera six cent mille bénéficiaires dont cent vingt mille femmes des zones Analamanga, Vaki­nakaratra, Itasy, Antsinanana, Analanjirofo, Atsimo Antsinanana, Vatovavy, Fitovinany, Anosy, Diana, Sava, Boeny et Betsiboka, qui sont les plus affectées par les derniers cyclones et considérées comme les plus impactés par l’insécurité alimentaire.

Feuille de route

Du côté du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, on estime que ce projet va contribuer sensiblement à accélérer la transformation de l’économie agricole du pays qui devrait, dans les 10 ans à venir, représenter plus de 35% du Produit Intérieur Brut de Madagascar. Rappelons qu’une première concertation inclusive, ayant réuni près de sept cent personnes, a permis, il y a un an presque jour pour jour, de définir les pistes d’actions et les solutions innovantes à considérer pour la transformation des systèmes alimentaires. Une deuxième concertation nationale a ensuite été programmée en vue de la formulation de la feuille de route nationale (horizon 2030) à présenter par Madagascar au Sommet mondial des Nations Unies sur les Systèmes alimentaires de septembre dernier.

« Notre appropriation nationale se traduit en Plan Emergence Madagascar. Nos démarches sont guidées par les engagements du Président de la République pour l’autosuffisance alimentaire, la gestion durable de nos ressources naturelles et l’industrialisation de Madagascar », a souligné le Ministre de l’Agriculture et de l’Él0evage, Harifidy Ramilison, à cette occasion.

Il a également affirmé que « la feuille de route nationale de Madagascar en matière de systèmes alimentaires est un document de référence au sein du gouvernement et pour toutes les parties prenantes dans les efforts pour modifier radicalement nos systèmes alimentaires et progresser dans la réalisation des objectifs de développement durable ».

Pour sa part, le Système des Nations Unies à Madagas­car a rappelé qu’il était important de définir et de construire ensemble des systèmes alimentaires solides en agissant sans délai, en prenant des engagements et les res­pecter, et en instaurant la con fiance avec toutes les parties prenantes pour que les actions soient complé­mentaires, conformément à l’appel du Secrétaire Général de l’ONU à une action citoyenne collective pour modifier radicalement la façons dont nous produisons, traitons et consommons nos aliments.

Force est alors de constater que la priorisation et la planification des actions, puis la consolidation des engagements de chaque partie prenante dans ce processus de transformation, ont été prises en compte lors de la Conférence nationale sur l’autosuffisance alimentaire, organisé au CCI Ivato le mois dernier. La rencontre a également été marquée par la remise officielle au Président de la République, Andry Rajoelina, du document « Profil des systèmes alimentaires de Madagascar », visant à activer la transformation durable et inclusive des systèmes alimentaires.

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