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Editorial

Picsou

Scène irréaliste vendredi à l’université d’Antananarivo lors de la distribution des bourses d’études. Une bousculade monstre a eu lieu à l’entrée du gymnase d’Ankatso où la distribution a eu lieu. Il fallait être costaud et sans pitié pour avoir accès à la grande salle. Et dire qu’on a affaire à des universitaires appelés à diriger le pays plus tard. Du moins si les électeurs décident un jour de confier aux gens instruits et compétents la direction du pays. Il va falloir pour cela renverser la tendance actuelle qui tend a se perpétuer.

Les fameuses cartes e-poketra distribuées aux étudiants qui sont à la fois une carte bancaire et un passeport estudiantin n’ont donc servi à rien. La digitalisation effectuée avec un budget colossal semble donc pour le moment un fiasco total. Beaucoup de problèmes ont été constatés. Les opérations de qualification servant de tri préalable des étudiants avant la distribution des cartes e-poketra n’ont visiblement pas permis de distinguer un faux étudiant d’un vrai, un redoublant d’un passant, du montant de la bourse pour chaque étudiant. La digitalisation nécessite sans doute plusieurs simulations avant d’être maîtrisée. Le problème est constaté dans les autres universités où l’opération digitalisation a été également effectuée.

Avec le budget consacré dans cette opération digitalisation, on aurait pu dégager le budget nécessaire pour plusieurs mois de bousre pour les étudiants de tous les faritany. On ignore si c’est le budget qui fait défaut ou c’est l’agent comptable qui joue le Picsou. Il est tout de même ahurissant de constater le même problème chaque année dans toutes les universités. Le budget nécessaire pour les bourses aurait dû être en principe inscrit dans la loi des finances. Il ne doit pas y avoir des problèmes sauf si l’État de décide d’affecter l’enveloppe à d’autres urgences.

Il n’y a d’ailleurs pas qu’à l’université que des grèves pour des histoires de sous secouent l’opinion. Au ministère des Affaires étrangères, au ministère des Travaux publics, au ministère de l’Éducation nationale… on entend chaque jour des employés réclamant plusieurs mois d’indemnités ou se lamentant de vivre d’amour et d’eau frais depuis plusieurs mois. On ne peut tout de même pas dire que toutes ces revendications ont des motivations politiques. Avec tous les problèmes sociaux actuels le risque d’explosion sociale est réelle. Refuser de l’admettre et s’entêter à entamer un bras de fer , c’est se tirer une balle dans les jambes.

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