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Avoirs illicite – L’ARAI veut frapper fort d’entrée

Aimé  Rasoloharimanana confirme sa détermination dans un serment.

Marquer les esprits et avoir un effet dissuasif d’entrée. Ce sont les objectifs du directeur général de l’Agence de recouvrement des avoirs illicites qui a prêté serment, hier, devant la Cour suprême.

Action. Tel est le mot d’ordre donné par Aimé Rasoloharimanana, directeur général de l’Agence de recouvrement des avoirs illicites (ARAI). Un mot d’ordre affirmé dans son allocution et durant une entretien à l’issue de sa prestation de serment, lors d’une cérémonie solennelle à la Cour suprême, hier, à Anosy. Un événement en présence de Andry Rajoelina, président de la République.

À entendre l’allure et le ton de sa prise de parole, le nouveau et premier patron de l’ARAI compte taper fort d’entrée. «Nous allons appliquer la loi à tous les dossiers où une décision judiciaire définitive de confiscation des avoirs illicites», a f firme Aimé Rasoloharimanana. Quelques affaires frappées de cette décision de confiscation n’attendent plus qu’à être prises en main par l’ARAI. Le patron de l’Agence est en connaissance de cause, étant donné qu’avant d’être nommé à ce poste, il a été le président de la juridiction de premier degré du Pôle an ti-corrup tion (PAC), d’Antananarivo.

Le Conseil supérieur de l’intégrité (CSI), parle d’un total de 11 milliards d’ariary, frappés de confiscation, en attente de recouvrement. Magistrat de carrière, Aimé Rasoloharimanana indique qu’il compte mettre à profit son expérience en tant qu’ancien juge anti-corruption au profit de l’ARAI. Bien qu’il souhaite agir immédiatement, le directeur général devra, néanmoins, patienter quelques semaines. Il faudra, en effet, mettre en place toutes les structures de l’Agence. Les appels à candidature dans ce sens devraient être lancés dans les prochains jours, à l’entendre. Il se donne jusqu’en juillet pour que l’entité soit opérationnelle.

La prestation de serment de Aimé Rasoloharimanana apporte la dernière pièce aux cinq éléments constituant le Système anti-corruption (SAC), tel que prévu dans la loi sur la lutte contre la corruption en vigueur depuis 2015. Aux côtés de l’ARAI, il y a le CSI, les PAC, le Bureau indépendant anticorruption (BIANCO) et le Service de renseignement financier (SAMIFIN). «On ne peut qu’attendre du Système, que plus d’efficacité et plus de rentabilité dans cette lutte contre la corruption», lance le boss de l’ARAI.

Rentabilité

Aimé Rasoloharimanana rappelle qu’en instituant le recouvrement des avoirs illicites et des biens mal acquis, le but de la Nouvelle stratégie de lutte contre la corruption (NSLCC), appliquée depuis 2015, «est de renforcer et rendre effective la répression des faits de corruption à Madagascar». Comme il le souligne, «faire en sorte que le crime ne paie pas», est la raison d’être de l’Agence qu’il dirige.

«Formulé de manière simple, le rôle principal attribué à l’ARAI est de récupérer et restituer à l’État les avoirs déclarés illicites ou mal acquis par la Justice», ajoute son directeur général. Aimé Rasoloha­rimanana affiche dans la liste de ses défis et priorités le recouvrement des avoirs en matière de détournement des deniers publics et le recouvrement des avoirs illicites placés hors des frontières nationales. Dans son allocution, le patron de l’ARAI met un accent particulier sur la rentabilité des actions de l’Agence pour le développement du pays.

Aussi, le directeur général de l’ARAI affirme comme un de ses deux objectifs le fait «d’assurer la rentabilité des actions de recouvrement, pour que les fonds récupérés puissent servir au financement des projets de développement socio-économique de l’État». Le second objectif est de «développer au maximum les effets dissuasifs de la peine de confiscation, pour inverser la courbe de croissance de la corruption à Madagascar».

La présence du Chef de l’État à la cérémonie d’hier est pour marquer la volonté étatique d’appliquer la tolérance zéro de lutte contre la corruption et les délits connexes. Un point mis en avant par Aimé Rasolohari­manana et affirmé de vive voix par le président Rajoe­lina. En soulignant qu’il a édicté par ordonnance la mise en place de l’ARAI, le locataire d’Iavoloha soutient, «c’est une concrétisation de la volonté de l’État de d’annihiler jusqu’à la racine la corruption et de mettre fin à l’impunité».

Dans son allocution, le boss de l’ARAI rappelle, néanmoins, que «l’appui technique et financier suffisant», aux entités de lutte contre la corruption et les délits connexes est, également, une traduction en acte de la volonté politique de tolérance zéro. «La lutte ne sera jamais efficace, effective et n’atteindra jamais les résultats escomptés, sans un appui technique et financier suffisant de l’État et des partenaires internationaux (…)», indique-t-il.

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