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Chronique

Vaccins: l’île Maurice a le choix

26 janvier 2021: début de la campagne de vaccination à l’île Maurice avec AstraZeneca/Vaxeveria, 108.000 doses acquises pour 16 millions de roupies

9 au 30 mars 2021: confinement

15 mars 2021: reprise de la campagne de vaccination

19 mars 2021: arrivée de 200.000 doses de Covishield

23 mars 2021: devant les députés, le ministre de la Santé indique que Maurice avait déjà réceptionné 230.150 doses de Covaxin (139,4 millions de roupies), outre s’être procuré 100.000 doses additionnelles de Covishield (21 millions de roupies) ainsi que 250.000 doses de Sputnik V, en attendant 100.000 doses du vaccin Sinopharm ; Maurice a également commandé 151.231 doses de Johnson & Johnson pour un montant de 9,3 millions roupies.

14 avril 2021: arrivée de 100.000 doses de Sinopharm

20 mai 2021: un avion d’Air Mauritius ramène 500.000 doses du vaccin chinois Sinopharm. 500.000 doses supplémentaires ont été négociées.

C’est l’histoire d’une île, un petit pays devenu grand. Certes, avec son un peu plus d’un million d’habitants, l’île Maurice voisine semblerait lilliputienne en comparaison de Madagascar et de ses 26 millions d’habitants. Mais, cette taille devient un atout quand on s’est fixé comme objectif de vacciner 62% à 74% de la population d’ici août 2021. Et ainsi, atteindre l’immunité collective qui permettrait à l’île Maurice de renouer avec ses activités touristiques. Pour parvenir rapidement à cet objectif, «l’île sœur» embrasse large: AstraZeneca/Vaxeveria/Covishield anglo-suédois-indien, Covaxin indien, SinoPharm et SinoVac chinois, Sputnik V russe, Johnson & Johnson américano-belge.

La «diplomatie du vaccin» a profité à l’île Maurice qui a bénéficié de dons indien et chinois. Mais, l’île a également sorti son portefeuille pour procéder à des achats, tout en négociant sa part dans les 220 millions de doses du vaccin Janssen que Johnson & Johnson promet à l’Union Africaine au dernier trimestre de 2021, avec la possibilité d’obtenir 180 millions de doses supplémentaires d’ici 2022. Au 15 mars 2021 (source: The Guardian), la double dose de Pfizer-BioNTech et de Moderna coûtait 31 euros, la vaccination complète avec Sinovac (23 euros) et Sputnik V (17 euros), la monodose Johnson & Johnson (8 euros), les deux vaccinations avec AstraZeneca (6 euros).

Toujours dans notre région Indianocéanie, la campagne de vaccination avait débuté à La Réunion, le 11 mai. L’autre «île sœur» a recours au Janssen monodose, le même que celui administré par l’Ambassade de France à Madagascar à destination de la communauté française et européenne de la Grande île.

Si le choix de son vaccin reste libre, avec l’intention de se rendre en Europe, cette liberté ne sera plus que théorique. Quatre vaccins seulement sont actuellement reconnus par l’Union Européenne, qui les exigera avant de délivrer son «visa vaccinal»: Pfizer-BioNTech (approuvé le 21 décembre 2020), Moderna (6 janvier 2021), AstraZeneca (29 janvier 2021), Janssen (11 mars 2021). Si les vaccins occidentaux demeurent les plus «fréquentés» (l’Union Européenne a commandé 1,8 milliard de doses de Pfizer-BioNTech), la Chine et la Russie, voire l’Inde, prouvent qu’elles sont également des nations de Recherche & Développement.

L’OMS a validé le vaccin chinois Sinopharm (7 mai) avant d’homologuer le deuxième vaccin Sinovac (2 juin 2021). Les vaccins chinois présentent l’avantage d’une conservation dans un réfrigérateur standard, à une température de 2 à 8 degrés Celsius. Cette facilité logistique, couplée à une grande disponibilité (jusqu’à deux milliards de doses produites par an), pourrait faire des vaccins chinois une composante majeure du mécanisme onusien COVAX à destination des pays à revenus intermédiaires ou faibles.

Quant au vaccin russe Sputnik V, son examen conjoint par l’OMS et l’Agence Européenne des Médicaments a débuté le 10 mai 2021. Sans attendre cette approbation, la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque l’avaient déjà autorisé. L’Allemagne, par la voix du ministre président de Saxe en visite à Moscou, avait fait savoir qu’elle voudrait acheter 30 millions de doses du vaccin russe en juin, juillet et août. C’est en août 2020 que le Président russe Vladimir Poutine avait annoncé la mise au point du «premier vaccin mondial» contre le Covid-19. Mis sur le marché, en septembre 2020, il avait cependant fallu un article du journal scientifique The Lancet (2 février 2021) pour sa première légitimation internationale. Les résultats de l’évaluation OMS/UE sont attendus pour la première semaine de juin 2021.

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