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Meurtre de Danil Radjan – Lionel Lelièvre et ses coaccusés acquittés

Des agents pénitentiaires ayant conduit les accusés depuis Tsiafahy pour le procès d’hier

Lionel Christian Michel Lelièvre et ses trois coaccusés ont été relaxés au bénéfice du doute, hier. Ils ont été poursuivis pour assassinat de Danil Radjan et association de malfaiteurs.

Ouf de soulagement. Lionel Christian Michel Lelièvre, président fondateur de la COPS et trois responsables dans sa société de sécurité ont été acquittés au bénéfice du doute, selon le verdict prononcé par la cour criminelle, hier.

Ils ont été accusés du meurtre avec préméditation de Danil Radjan survenu le 19 septembre 2020, à La City Ivandry. Ils ont également été soupçonnés d’avoir formé une association de malfaiteurs. Pour ces inculpations, ils ont écopé d’un placement sous mandat de dépôt à Tsiafahy pendant presque dix mois avant leur comparution à la barre.

Émotions parmi les accusés, ironies et réactions parfois caustiques chez les défenses ont surtout marqué l’audience. Les débats ont été houleux dès le début. Les avocats de la partie civile ont demandé un renvoi. Leurs homologues qui devraient assister au procès restent bloqués en France à cause de la fermeture des frontières liée aux restrictions sanitaires. Leur requête a été décriée par la partie adverse. La présidente des juges a décidé de continuer le procès.

Les accusés ont, l’un après l’autre, nié les faits sur lesquels ils sont reprochés. Or, dans leurs procès-verbaux dressés au niveau de la brigade criminelle, ils ont reconnu avoir trempé dans le crime.

Aveux extorqués

« En tout premier lieu, la police du deuxième arrondissement m’avait appelé pour un travail. À mon arrivée au commissariat, on m’a montré une photo et m’a demandé : est-ce que c’est ta moto? Tout de suite après, j’ai été amené à la brigade criminelle », raconte un des accusés. Il a cité les autres, ainsi que leur patron. « Ils auraient pensé que je pourrai les sauver », suppose Lionel.

« Aucun de nous (ndlr : trois accusés malgaches) n’a été assisté par un avocat lors de notre interrogatoire. Pour moi, mon enquêteur se plaçait devant moi. À chaque fois, il siffle pour que l’autre derrière moi me batte. Je dois avouer comme ils le veulent, pour qu’ils arrêtent de me torturer », explique-t-il. Tout comme ses collègues, Lionel a raconté qu’il a été torturé par la police. Celui-ci l’aurait contraint à accepter et signer le procès-verbal. Selon lui, les enquêteurs ont filmé son interrogatoire. Ils coupent la caméra avant de le tabasser, et ce, à chaque fois qu’il les contredit. Puis, ils la rallument pour qu’il répète ce qu’ils veulent dire. Ils l’auraient menacé et auraient commencé à impliquer sa famille. Ce qui l’a fait fondre en larmes en plein débat.

Les accusés et leurs six défenses dont trois pour Lionel ont affirmé que leurs aveux, dits circonstanciels ne l’ étaient pas du tout, ils étaient extorqués. « Des policiers m’avaient fait monter dans son pick-up tout en me tapant. L’un d’eux avait hurlé lorsque je leur ai demandé pourquoi ils m’ont arrêté : tu as tué quelqu’un samedi. Tu vas avoir de gros ennuis », décrit l’un des présumés meurtriers arrêté dans le bureau de la COPS à Ambatovinaky.

Des vidéos de l’interrogatoire de Lionel et de l’arrestation truffée de brutalité policière ont été visionnées dans la salle, donnant aux juges du fil à retordre. Les violences policières ont été blâmées par les avocats de la partie accusée. Ils ont porté plainte auprès de la gendarmerie.

Selon Me Sahaliouth, avocat de la partie civile, « Lionel a une autorisation de port d’arme avec six à dix cartouches. Or, cinquante cartouches ont été trouvées chez lui. Pour quoi faire ? ». « Il a résisté aux policiers venus l’arrêter et a pointé son arme chargée vers eux », assène-t-il.

Instruction à Paris

La femme de Danil Radjan et sa fille ont donné leurs versions des faits et témoignages devant les juges. La mère a retrouvé en premier son mari inerte sous l’escalier (ndlr : le 19 septembre 2020). Le défunt avait été attaché aux mains et aux pieds. Il avait été étranglé. Pourtant, son corps n’a pas été autopsié.

Les deux témoins affirment ne pas connaître les présumés assassins. Elles les ont rencontrés pour la première fois au procès. Leurs défenses ont réclamé que justice soit faite et qu’une somme d’un milliard ariary pour chacun des proches de la victime dont sa femme, sa fille et son fils, soit versée à titre de dommages-intérêts.

Le flou reste encore entier quant à l’identification des véritables auteurs principaux du meurtre de Danil Radjan.

«C’est un kidnappeur recherché. Tu auras 5 millions d’ariary, s’il sera tué », une phrase qui s’est répétée deux fois, mais qui n’a pas non plus permis d’élucider le mobile du crime.

Une instruction sur cette même affaire est en cours à Paris, comme le prévient la partie civile.

Après délibération, la présidente a prononcé la sentence selon laquelle le Français et les trois Malgaches sont acquittés au bénéfice du doute, la cour n’est pas compétente pour trancher sur les dommages intérêts demandés, elle ordonne la restitution immédiate aux propriétaires des objets saisis dont l’arme de Lionel et les motos de ses collaborateurs. Les parties auront trois jours pour faire appel en cas d’insatisfaction face au jugement rendu.

Le procès a pris fin à 19h15 où l’ex-légionnaire français et son équipe ont eu les larmes aux yeux.

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  • La justice Malgache dans toute sa splendeur ! Cette décision de justice va encore amplifier le peu de considération des citoyens à l’endroit de cette institution.Le discrédit est manifeste . C’est au parquet de faire appel de ce jugement expéditif et illogique.. L’intime conviction comme prétexte dans ce cas précis est l’apanage des juges véreux . Les faits rien que les faits corroborent l’implication de ce Français qui d’ailleurs traîne une seule réputation de mercenaire peu accommodant dans le quotidien . L’ atterrissage de nulle part d’un enregistrement vidéo des interrogatoires musclés par les policiers de cet individu intrigue sur le but recherché à la dernière minute seulement en pleine audience . .Des magistrats qui balayent d’un revers de la main les aveux même de ce principal accusé . C’est trop facile de parler de «sévices » . Les dires restent des preuves intangibles sans préjuger la tyrannie des réseaux sociaux.
    Le mobile avancé du meurtre de ce karana sur une expédition punitive contre un cerveau des kidnappings ne tient pas la route évidemment. La conclusion qui se dégage c’est la soumission de la justice Malgache en laissant un boulevard à une instruction menée à Paris . Il ne faut pas oublier que La France protège mordicus ses ressortissants à l’étranger . On se permet de rappeler aussi les accointances nauséabondes de Monsieur Lionel Lelièvre avec de le DG de la compagnie aérienne STA actuellement sous contrôle judiciaire dans l’affaire du trafic de lingots d’or en Afrique du Sud . Ce dernier qui n’est même pas en détention préventive contrairement au DG de l’ACM laisse plus encore perplexes les justiciables . On pourrait facilement entrevoir dans cet assassinat ignoble de ce Karana une bribe de règlement de compte entre des réseaux mafieux . Les indo pakistanais de Madagascar ne seront plus dorénavant les maîtres de ce milieu de la pègre .