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Secteur monétaire – La Banque Centrale relève les taux

Henri  Rabarijohn, Gouverneur  de  la Banky Foiben’i Madagasikara.

La Banque Centrale de Madagascar a publié, ce mardi 3 mai, sa note de conjoncture économique qui indique que sur le plan monétaire, une hausse de la masse monétaire a été constatée par rapport à la même période en 2021.

Ainsi, selon la note du Comité monétaire de Banky Foiben’i Madagasikara (BFM), à fin mars 2022, la croissance annuelle de la base monétaire a été de 9,0 %, contre 7,4 % à fin 2021. Sur la période, la base monétaire a connu une légère hausse de 15,7 milliards d’ariary, soit +0,3 %. À fin février 2022, le glissement annuel de la masse monétaire (M3) a été de +13,6 %, après +12,2 % à fin 2021. Sur la période, la croissance de M3 a été de 344,2 milliards d’ariary, soit +2,2 % (contre 131,3 milliards d’ariary, soit + 0, 9 % su r ce t te même période de 2021).

BFM qui estime que cette variation de M3 s’explique notamment par les opérations de l’État. Les crédits à l’économie ont été en légère baisse, malgré une hausse de 25,4 milliards d’ariary des créances bancaires sur l’économie. En termes annuels, les crédits bancaires ont été en hausse de 21,7 % en février 2022, contre 14,0 % en février 2021 et 19,6 % à fin 2021.

En se basant sur ces statistiques, le Comité monétaire a fait savoir sa décision de resserrer le corridor des taux d’intérêt en relevant le taux des facilités de dépôt à 6 % et le taux des facilités de prêt marginal à 8 %. Le coefficient des réserves obligatoires est, pour sa part, maintenu à 13,00 %.

Explication a également été donnée que sur les résultats d’analyses faisant état de pressions inflationnistes sur l’environnement économique, le contexte économique pour les prochains mois sera soumis à l’insuffisance de l’offre globale de biens, au niveau national et international, induite par les chocs climatiques, la résurgence de la pandémie de Covid-19 et ses contrecoups, et les incertitudes générées par la guerre en Ukraine.

Ces perspectives, a-t-on ajouté, justifient le relèvement du taux des facilités de dépôt, car elles sont susceptibles d’accentuer les pressions sur le processus de production et d’entraver le redressement de l’économie.

Volatilité des taux d’intérêt

Par ailleurs, la décision d’un relèvement modéré du taux des facilités de prêt marginal et du maintien du coefficient des réserves obligatoires va dans le sens de la volonté de BFM de limiter la volatilité des taux d’intérêt à court terme sur le marché monétaire et vise la préservation du potentiel de croissance économique.

La banque des banques qui affirme être particulièrement attentive à l’évolution des paramètres pouvant influencer le niveau général des prix ou générer des tensions au sein du système financier. Le cas échéant, BFM promet de prendre rapidement les mesures appropriées. Une précision qui prend tout son poids dans un contexte socio-économique délicat qui a, d’ailleurs, conduit les autorités à plafonner les prix des produits de consommation courante et de réviser à la hausse les salaires.

À savoir que les auteurs de la note de conjoncture économique ont tenu à faire remarquer qu’au niveau national, le cadrage macroéconomique de la Loi de Finances 2022 estime la croissance économique à +3,5 % en 2021, dont + 13,0 % pour le secteur secondaire, +2,7 % pour le primaire et +2,0 % pour le tertiaire, si la croissance a été négative de -7,1 % en 2020. Et selon les résultats de l’ECE2 d’avril 2022, l’activité économique s’est améliorée entre le quatrième trimestre de 2021 et le premier trimestre de 2022. L’indicateur synthétique des activités des entreprises (IAE) a atteint 5,3 %, soit une amélioration de 10,9 points par rapport à la perspective du premier trimestre établie en janvier 2022.

Enfin pour en revenir à l’inflation, le sujet brûlant du moment, il est noté que l’année dernière, elle s’est accélérée avec un taux de 6,2 % en glissement annuel de fin de période, contre 4,5 % à fin 2020. Les prix des Produits de Première Nécessité ont marqué une hausse de 8,6 %, contre 3,3 % en 2020. Une tendance haussière de l’inflation qui s’est poursuivie en 2022 avec un glissement annuel de 6,2 % à fin mars, contre 5,1 % à fin mars 2021. L’inflation sousjacente, excluant les prix du riz et de l’énergie, a été de 7,4 %. La variation du niveau général des prix a été ainsi de 2,0 % depuis le début de l’année 2022.

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